Portraits de la France au début des années 60. Pialat, sur une musique de Georges Delerue, réalise un court documentaire (avec quelques scènes jouées comme la rixe des adolescents filmée de nuit) qui évoque une banlieue parisienne qui disparaît, les guinguettes, les accordéons, le studio de Méliès... Banlieue remplacée par des zones pavillonnaires : "C'est la folie des p'titesses. Ma p'tite maison, mon p'tit jardin, mon p'tit boulot, une bonne p'tite vie bien tranquille." , des grands immeubles "dégradés avant la fin des travaux...".
Puis les bidonvilles où s'entassent les travailleurs immigrés (tant désirés puis délaissés, comme ici, comme partout), les longs trajets banlieue/Paris, matin et soir. Le manque d'offre culturelle en dehors de Paris, la vie travestie par la publicité qui pointe son nez...
Documentaire politique et autobiographique d'un homme averti, sensible qui ne se résigne pas. Pialat est tout entier dans ces vingt petites minutes, de l'amour, de la nostalgie, de la colère froide, lucide et sèche.




