Charlot est serveur dans un cabaret minable, pendant sa pause il sauve une jeune bourgeoise des griffes d'un malotru. Il se fait inviter chez elle et se fait passer pour le Premier ministre du Groenland. Seulement il doit quitter la résidence et regagner son poste. L'usurpation sera de courte durée.
La narration n'est pas heurtée par des effets excessifs et le récit prend le temps de dérouler son fil sur la longueur du métrage. Les petites scènes comiques issues de la maladresse de Charlot, de son professionnalisme s'intègrent assez bien au récit secondaire de son immersion dans la haute société. Les deux univers sont bien construits et le propos social en arrière-plan sera traité par Chaplin dans ses oeuvres futures. Quelques bagarres, des problèmes sérieux avec une double porte-battante et un lancer de tarte à la crème viennent épicer l'ensemble qui reste plaisant. L'on s'éloigne peu à peu de l'agiation frénétique des premiers courts tournés chez Keystone. Le personnage de Charlot s'impose, Chaplin ajoute des détails, une manière d'appréhender le monde qui lui est propre et qui fait tout le sel de ces productions lointaines.

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