14 janv. 2012

In the Meantime, Darling (1944) Otto Preminger


Film de propagande soft, nous aurions pu écrire film éducatif, où chacun doit rester à sa place dans un effort général encadré. Le film sort en 1944, la guerre est là, il faut donner la direction au peuple.
Ce sera fait sous une forme de comédie gentillette. Près d'un camp militaire l'hôtel Craig fait tout oublier. Lorsqu'une chambre se libère la priorité est donnée pour la conquérir, même si cela doit obliger l'heureux prétendant à quitter les manoeuvres en cours.
Pour quelle raison ? L'hôtel est empli d'enfants, ce qui ferait fuir toute personne cherchant le repos. Sont-ce les belles femmes qui l'occupent ? Elles sont toutes fidèles. Et pour cause, l'hôtel est dédié aux couples mariés et sert aux épouses qui désirent avant tout être proches de leur homme en uniforme.
Nous suivons un jeune couple qui devra rentrer dans le rang. C'est la jeune épouse, jouée par Jeanne Crain, très séduisante, qui incarne l'acceptation des règles sociales partagées par tous. Elle aura un peu de mal mais finira par céder. Amour, fidélité, maternité sont les mamelles qui diffusent la bonne parole. 
A l'époque les spectateurs américains ont tous un membre plus ou moins éloigné de leur famille à l'armée.
Savoir que l'homme parti se sacrifier peut compter sur une épouse brave qui l'attend rassure. Le film est plaisant, ponctué de petits détails amusants, mais nous aurions bien aimé que son conformisme soit un peu plus bousculé, à la manière d'un Wilder ou d'un Altman.
Reste que Crain est solide, que nous pouvons profiter de la présence trop brève d'Eugene Pallette et que le film est suffisamment court pour ne pas en rajouter davantage sur la bonne conduite à tenir pour la paix civile.

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