14 avr. 2008

Il tempo si è fermato (1959) Ermanno Olmi / Le temps s'est arrêté

         Le temps s'est arrêté est une véritable surprise, quel beau film... Olmi filme les gestes du quotidien avec une poésie, une fraîcheur toute empreinte d'humilité devant le monde et les hommes. Ce vieil ouvrier aux gestes jamais inutiles est magnifique d'attention lorsqu'il est confronté à la jeunesse de son ami. Cette relation se construit avec le temps, par petites touches, on se regarde, on s'observe et finalement on se découvre. La scène finale de l'église est magistrale, quelque chose se passe qui n'est que suggéré et pourtant la spiritualité est présente et envahit l'image...un film qui réussit à atteindre la puissance par la discrétion et la sobriété.

The Honey Pot (1967) Joseph Léo Mankiewicz / Guêpier pour trois abeilles

          Ce film n'a pas le niveau de perfection qu'atteindra Sleuth quelques années plus tard néanmoins il en est une très belle esquisse. Qui est Cécil Fox ? Un homme ruiné qui cherche à retrouver son indépendance, encore une fois le thème de l'argent est au coeur de l'oeuvre, ou bien un individu pris d'une passion excessive pour la manipulation, le jeu, la maîtrise ds autres, l'excitation intellectuelle...? Rex Harrison joue Fox à merveille, il faut le voir effectuer quelques pas de danse, épris de l'ivresse liée à l'avancement de son plan...Encore un divertissement de haute tenue, des dialogues jouissifs, plaisir du spectateur qui se laisse piéger par les méandres du scénario avec délectation.

9 avr. 2008

Rebel Without A Cause (1955) Nicholas Ray / La fureur de vivre

               Le film a un peu vieilli même si le problème posé par Ray reste d'actualité, ces parents qui ne sont pas à leur place, qui n'arrivent pas à comprendre les désirs de leurs enfants, leurs besoins...Quelques longueurs s'ajoutent à cela. Mais le film tient surtout par la sincérité des acteurs, par une émotion qui traverse l'écran en dépit des clichés véhiculés et de la fin toute en happy ending". Il y a une réelle force qui se dégage de l'écran, une sorte d'urgence. Ray a 44 ans lorsque le film sort sur les écrans, on pourrait croire que l'oeuvre est le fruit d'un réalisateur bien plus jeune...cette force, cette sincérité, cette passion font tout l'intérêt du film.

Five Fingers (1952) Joseph Léo Mankiewicz / L'affaire Cicéron



                 Cicéron est le nom de code de l'espion interprété par James Mason (Diello).   Mankiewicz    signe un film d'espionnage qui ne se contente pas de divertir son spectateur avec des scènes de suspense tout en plan séquence mais il y ajoute de l'esprit, de l'éloquence agrémentés d'un brin d'insatisfaction. C'est tout ce que pense Diello de ce personnage historique, c'est également une grille de lecture offerte au spectateur. Le bel esprit, l'éloquence : Cicéron est un orateur remarquable, Diello l'est tout autant, la suaveté de sa voix, la clarté de son expression, son intelligence et son art de la persuasion, il sait "faire illusion", témoignent de son esprit et de son éloquence. Qualités, d'ailleurs, présentes tout au long du film, nombreux sont les bons mots, nombreuses les répliques qui font mouche...Goering tuant un sanglier ? un fratricide...l'étonnant ? ce n'est pas que Ribbentropp puisse trouver ce nom de code, Cicéron, mais bien qu'il en ait entendu parler... Quant à l'insatisfaction. Quel est donc l'étrange parcours de cet homme brillant, intelligent qui est resté un valet toute sa vie ? Cicéron, vient de la plèbe et a réussi a quitté sa condition, c'est un homme habité par l'ambition, Diello est hanté par la vision d'un homme riche qu'il a vu de bateau. Ce dernier en smoking blanc regardait de la terrasse de sa villa le lointain...les hauteurs, la richesse...Ce rêve va devenir le moteur du personnage, Diello veut faire fortune, vivre son rêve, fatigué de rêver sa vie. ce sont des personnages faustiens, la comtesse, exquise Danielle Darrieux et son ancien valet, homme en noir voulant se parer de blanc. Prêts à tout pour trouver le pouvoir grâce à l'argent, valeur suprême. tout cela finira dans un rire proche de la folie, où l'intelligence verra la vanité et la pitoyable condition de l'homme aux ailes brûlées d'avoir voulu toucher le soleil argenté...