29 juil. 2008

Les Sept Jours (2008) Ronit et Shlomi Elkabetz



Ronit Elkabetz

    Huis clos pesant qui laisse rarement place au rire, ce film brosse le portrait d'un groupe d'individus reliés par un lien naturel et social, groupe appelé famille. Celle-ci est réunie pour faire le deuil d'un de ses membres. La tradition juive demande que ce deuil se déroule précisément en respectant des règles diverses et variées comme  la promiscuité durant sept jours où personne ne doit sortir. Sept jours dans la maison du mort. Tous, frères et soeurs, enfants et conjoints respectifs vivent sous ce même toit. L'air devient vicié, le remugle naît et se diffuse, les conversations mesquines apparaissent, les reproches, les petites haines quotidiennes savamment entretenues éclatent et voilà le spectateur pris au piège de toutes ces intrigues filmées en plans séquences, le tout en prenant soin de ne pas laisser voir le dehors, l'ailleurs, la respiration. Seules deux scènes filmées en extérieur encadrent le tout...au cimetière. Trois moments sont à retenir, le premier voit cette famille endeuillée au bord de la tombe, campant une sorte de pietà un peu maladroite et artificielle, qui se met tout à coup à porter les masques à gaz que chaque citoyen israélien devait avoir suite à la menace des scuds irakiens de Saddam Hussein. Seule la mère du défunt refuse. Personnage exemplaire qui le prouve lors du deuxième passage retenu : le linge sale a été déballé, les noms d'oiseaux ont fusé, une gifle, des étreintes agressives échangées et la famille est réunie en cercle, toute honte bue et colère rentrée. La mère psamoldie quelques mots et l'aîné vient vers elle, inquiet, lui qui a giflé sa soeur, qui a intrigué dans le but de "réorganiser" les biens du défunt. Ce fils se voit accueillir d'une gifle magistrale le renvoyant de sa position usurpée de chef de famille à celle moins glorieuse de petit garçon pleurant parce que sa mère l'a frappé sans qu'il sache pourquoi. C'est justement ce geste qui recadre les choses, qui va venir resserrer les liens, renvoyer chacun  des membres de cette famille à leurs passions domestiques honteuses et leur indiquer, par là-même qu'il faut se ressaisir avec humilité et dignité et garder sa place. Enfin troisième passage : la réconciliation dans un lieu exigu, filmée avec retenue et simplicité. Les membres de ce groupe doivent vivre ensemble, qu'ils le veuillent ou non. Prison traditionnelle, cette veillée fait éclater les liens et les resserrent, liens naturels que le film exhibe avec talent.