29 déc. 2009

Avatar (2009) James Cameron



Trop de boulot en début de mois, des vacances romaines puis les réunions familiales habituelles, en somme guère le temps d'aller au cinéma. Avatar était donc attendu pour cette raison mais principalement parce que je n'avais jamais vu de film en 3D. La période des fêtes me semble être adéquate. Chose faite.
L'histoire est cousue de fil blanc et là n'est pas l'intérêt, la mise en place du début est d'ailleurs bien longue et Cameron nous distribue des périodes d'ennui tout au long du film. J'ai lu quelque part que cette version distribuée en salles n'était pas celle désirée. Wait and see (maybe). Plages d'ennui et parfois des accélérations scénaristiques grossières...
Le film n'est pas un chef-d'oeuvre.
Quant à la 3D, je fus ravi. Cela fonctionne admirablement bien, la profondeur de champ est bluffante, surtout dans les scènes où il n'y a pas d'animation. L'élaboration de la faune et de la flore m'a plu et dans l'ensemble le travail visuel m'a comblé, je ne suis pas du tout un spécialiste des films d'animation mais j'y ai trouvé un plaisir esthétique et technique suffisant. J'étais venu voir un film, un peu comme les premiers spectateurs des films Lumière, Méliès, et j'ai apprécié le spectacle.
Un petit mot sur les personnages principaux, plaisir de retrouver Stephen Lang que j'avais adoré dans Public Enemies, Sigourney Weaver avec un rôle qui ne la relègue pas à l'arrière-plan, Sam Worthington qui est excellent et mention spéciale à Zoe Saldana, son personnage est le plus réussi.
Discours écolo, défense des minorités, Cameron aborde des préoccupations actuelles dans son récit mais il aurait gagné à se démarquer un peu plus d'un Pocahontas chez Danse avec les loups...
Un très bon divertissement que j'ai déjà presque oublié au réveil...

4 déc. 2009

Buffalo '66 (1998) Vincent Gallo



The Brown Bunny est magnifique. D'abord. Les chansons sont magnifiques, merci Axel pour m'avoir invité à les écouter avec attention, ensuite. Enfin Vincent Gallo a une belle gueule.
Découvert dans The Funeral où il réussit à tenir la distance face à la sublissime Anabella Sciorra, à Christopher Walken, à Chris Penn, Gallo marque la rétine... Et puis des amis me parlent de The Brown Bunny (Lise et Axel, encore eux) qui me fascine une fois l'édition dvd zone 1 acquise... alors je me procure son premier opus. Son premier long puisque deux courts métrages existent mais je ne les ai pas vus.
Et alors ?
Surprise. Je m'attendais à un style, quelque chose de fort ressemblant, façon lapin et puis non.
Je suis admiratif devant la variété de tons de Buffalo '66. J'ai le sentiment de trouver là un vrai premier film avec l'envie et la morgue nécessaire à tout premier pas. L'impudeur de tout débutant qui pense que rien n'existe au monde sauf son univers et la déférence de celui qui a aimé et qui veut rendre la monnaie. L'égocentrisme de l'auteur qui fait de son nombril la station originelle et le fan absolu qui ne sait parler d'une chose qu'en en citant une autre.
J'ai aimé l'affront de ce mec qui choisit une Blue Betty Boop Marshallow Girl pour héroïne (je précise que je n'ai pas vu The Ice Storm), tendre et fragile, subtile et nature, Christina Ricci, qui plonge dans le road movie avec la sincérité d'un Robert Frank, d'un Wim Wenders tout en amenant la loufoquerie issue des grandes comédies américaines. Culot, prétention, affront, démesure, couilles bodybuildées, certainement. Désir, révérence, amour, folie, naïveté, assurément. Voir Ben Gazzara ouvrir la porte est un enchantement, Angelica Huston, Mickey Rourke, Jan-Michael Vincent (allez quoi, avouez que vous avez The Mechanic bien caché derrière vos rayons...), Rosanna Arquette suivent et impriment la pellicule avec force et ostentation. L'histoire participe de ce grand mouvement qu'est l'émancipation, comment composer avec ses parents, syndrome Le Forestier "on choisit pas sa famille...", Gallo l'aborde à sa façon mais dresse un portrait attachant de ce que peut être l'Amérique, celle de Jarmusch, des loosers, des seconds couteaux. Celle qu'on aime, éloignée des flashs et des projecteurs, celle qui paraît plus réaliste, en tout cas celle qui existe. En ce sens Gallo n' a pas la grosse tête, il donne d'abord et raconte ensuite.
On pense à John Fante, à Bukowski. Et l'émerveillement de celui qui n'y croyait plus "I got a girl !!" C'est con la vie... C'est con un film, 1,5 million de dollars dont 20 000 pour les perruques d'Anjelica Huston. Magie cinématographique, contraintes industrielles. Premier film burné où l'on met en avant sa muflerie, son amour du bowling (pas si simple à imposer avant The Big Lebowski), son ignorance crasse de ce que peut exiger une femme pour ensuite dévoiler sa fragilité, son émancipation, une révélation ... l'amour.
Beau film, sincère et franc. Buffalo '66 ou comment je suis devenu un homme. Buffalo '66 ou l'amour existe, même chez les ploucs. Buffalo '66 ou la vie de Billy Brown.