28 mai 2012

Work / Charlot apprenti (1915) Charlie Chaplin


Après une séquence introductive qui montre le propriétaire d'une maison tyranniser ses domestiques, Charlot arrive en une position étrange, il est lui-même placé sous l'autorité de son patron. Il est l'apprenti du décorateur et il est prisonnier d'un attelage, c'est lui, l'âne, le mulet, qui tire la carriole. Celle-ci emporte tout l'attirail de l'entreprise, c'est-à-dire un monticule d'outils et de planche nécessaire à la rénovation de la maison du propriétaire dont nous avons parlé en début de billet.
La rénovation va très mal se passer...
Ce métrage présente des gags bien plus variés qu'à l'ordinaire, il y a de la préparation et elle paye. Charlot pointe la situation déplorable de l'ouvrier exploité. Par la manière dont il conduit la carriole mais aussi dans une séquence où la propriétaire panique, ne trouvant plus ses bijoux. Charlot prend alors tout ce qu'il possède et l'enfouit dans sa poche de pantalon, sans avoir oublié de fermer cette poche à l'aide de la pince à nourrice qui fermait sa chemise. 
J'aime beaucoup la scène intime où il séduit la femme de chambre, pause sentimentale où en quelques gestes est démontrée la vacuité des discours produits en ces circonstances.

18 mai 2012

By the Sea / Charlot à la plage (1915) Charlie Chaplin


Chaplin quitte les studios de Niles qui deviennent trop étroit pour Anderson, le producteur, qui a sa propre vedette y travaillant. Il retourne donc à Los Angeles mais tient à tourner rapidement ce court, ce qui sera fait en un jour. Les suivants feront l'objet d'un soin accru, ce qui augmentera les délais de sortie entre chaque film.
L'action prend place à Venice, sur la plage, le Crystal Pier se détache en arrière-plan avec sa foire et sa grande roue. C'est plus l'esprit des premiers Keystone qui ressurgit, et d'esprit nous n'en trouvons guère, ce sont les corps à corps, les gifles et autres coups de pied aux postérieurs qui prennent toute la place. Toute ? Pas complétement car Chaplin s'offre des pauses. Depuis le début de son entrée en cinéma l'acteur a évolué, la sentimentalité, un romantisme fleur bleue sont des poses qu'il affectionne. Le jeu avec sa canne, son chapeau est plus complexe, ces objets étant utilisés avec plus d'imagination et de poésie. Ajoutons les parenthèses comme le jeu avec la puce qui marque une pause rafraîchissante dans le pugilat farcesque qui nous détache de l'action.

8 mai 2012

The Tramp / Charlot vagabond (1915) Charlie Chaplin


Charlot est un vagabond qui vient porter secours à la jeune fille d'un fermier, ennuyée par un petit voleur. Pour le remercier elle l'invite chez lui et le présente à son père qui l'embauche immédiatement. Les travaux de la ferme ne sont pas la spécialité de Charlot, il réussira davantage à faire fuir trois malfrats venus dérober l'argent du fermier. La récompense n'est pas à la hauteur des efforts accomplis : le fiancé de la jeune fille arrive, Charlot reprend alors la route vers d'autres aventures.
Film intéressant car le personnage fait preuve d'une sentimentalité déjà vue par ailleurs mais pas à ce point. Le coeur de Charlot ne résiste guère devant la jeune fille et la roublardise sans pitié qui lui était attribuée s'efface devant l'amour. C'est une trame qui reviendra au premier plan par la suite. Tout comme ce final qui définira le personnage.
Les travaux à la ferme donnent lieu à des scènes mémorables, le jeu avec la fourche, la traite du lait...

1 mai 2012

Keeper of the Flame / La flamme sacrée (1942) George Cukor


Steven O'Malley (Spencer Tracy) rentre tout juste d'Europe en pleine deuxième Guerre Mondiale. Ecrivain et reporter il est un peu désabusé par ce qu'il vient de vivre. Robert Forrest, un homme extrêmement influent, véritable héros national, vient de mourir. O'Malley décide alors d'écrire sa biographie pour perpétuer les idéaux qui animaient Forrest. Il lui faudra d'abord entrer en contact avec sa veuve, Christine, interprétée par Katharine Hepburn, qui ne cesse de refouler quiconque tente de l'approcher. 
Cukor signe un film antifasciste, c'est de bonne guerre, nous sommes en 1942, mais sans omettre l'écrin esthétique et le raffinement du récit. Le domaine des Forrest est luxueux et morbide à la fois, des personnages apparaissent, comme le personnage de Margaret Wycherly (qui s'entraîne déjà à jouer les mères très fatiguées), le spectateur apprend progressivement à connaître ce héros et à plonger dans des zones troubles. Le tout baigne dans une lumière digne d'un grand film noir. 
Donald Meek traîne son crâne chauve et sa bouille amusante, c'est le concierge de l'hôtel où résident les journalistes venus pour couvrir l'enterrement du grand homme.
Notons le jeu remarquable de Percy Kilbride qui joue un chauffeur pingre à qui on ne la raconte pas.