27 juin 2012

Point Break (1991) Kathryn Bigelow



"Too much testosterone here"
Un film de mecs, pour les mecs mais réalisé par Bigelow, ça change tout...
Keanu Reeves est un jeune agent du FBI qui en veut, son coéquipier est Gary Busey, adorable second rôle. Ils sont tous les deux des originaux qui traquent un gang de braqueurs se dégusiant avec des masques d'anciens présidents des Etats Unis. Adrenaline, adrenaline...
Leur enquête les mène vers une tribu de surfeurs dont Patrick Swayze est le leader charismatique...
Bigelow tourne ces histoires de buddy guys avec une esthétique parfaite, comme d'habitude. Swayze est monstrueux et écrase Keanu Reeves, que j'aime beaucoup d'habitude mais là, je le trouve un peu balourd, sa voix trop forcée dans les graves.
Signalons les brèves apparitions de Anthony Kiedis et Tom Sizemore.
Un excellent divertissement que j'ai bien aimé revoir en BR.

26 juin 2012

Cop (1988) James B. Harris



Adaptation d'un roman de James Ellroy, Lune sanglante, le film de James B. Harris conserve la violence des meurtres, James Woods parvient à donner une performance où la décontraction est au service de l'enquête. Véritable accro au crime, au boulot, Woods porte le film et le rend digne d'intérêt. Charles Dunning, qui joue son pote de bureau, est un solide second rôle. Quelques bimbos dont Randi Brooks pimentent le métrage de leurs formes courbes. Lesley Ann Warren est hystérique à souhait.
De nombreux points positifs cependant le film aurait gagné à être plus court ou à remplacer quelques scènes par le portrait de la ville. Los Angeles est un élément majeur des romans de James Ellroy, c'est le point faible du film, la ville est absente. Dommage.
Michel Colombier, le compositeur a fortement lorgné vers le score de Full Metal Jacket pour les séquences à suspense, le Kubrick était sorti un an auparavant. La fin penche vers le Dirty Harry de Siegel. Au final un film dont j'attendais plus.

25 juin 2012

The Bedford Incident / Aux postes de combat (1965) James B. Harris




James B. Harris est un des premiers collaborateurs de Kubrick, lorsqu'il commença sa carrière de metteur en scène c'est avec ce film. Le sujet n'est pas éloigné de Dr Folamour, le contrôle d'armes puissantes aux mains de névrotiques est le thème commun. 
Le capitaine Finlander (Richard Widmark) est à la tête d'un destroyer chargé d'observer l'activité sous-marine soviétique. C'est la guerre froide et il faut se méfier des communistes. L'officier traque dans les eaux arctiques un sous-marin, surnommé "the big red", Finlander n'attend qu'une chose : qu'il franchisse les eaux territoriales d'un pays membre des Nations Unies. Ce que fait le sous-marin mais le commandement décide d'attendre. Perte de temps, le sous-marin rejoint les eaux internationales. Pris de douce folie obsessionnelle la traque va continuer, en dépit des frontières et des lois internationales.
Le film commence avec un ton satirique, assez kubrickien. Les personnages interprétés par Martin Balsam et Sidney Poitier sont les repères normaux qui arrivent au sein de l'équipage, entièrement vampirisé par Widmark dans sa quête du sous-marin, un peu comme Achab et la baleine.
Peu à peu le film penche vers le drame et l'on quitte cette ambiance surréaliste où les épluchures et détritus du navire soviétique servent à dater son passage. On aperçoit d'ailleurs Donald Sutherland en assistant un peu givré, préfiguration du rôle qu'il tiendra dans M.A.S.H. un peu plus tard.
Le film est plaisant car les acteurs sont excellents, Eric Portman est de la partie pour un rôle clin d'oeil à 49th Parallel de Michael Powell, autre chouette film de sous-marin.
Ajoutons l'ambiance sonore/sonar avec les pulsations qui rappellent une partie géante de Pong Atari au ralenti...

24 juin 2012

Essential Killing (2010) Jerzy Skolimowski



Survie, mode d'emploi. 
Décor superbe, des gorges noyées sous le soleil où trois soldats occidentaux avancent avec précaution. Deux sont sous des djellabas, discutent de choses et d'autres tandis que le premier, en uniforme, balaye le chemin avec son appareil à détection de mines. La scène est cocasse, presque absurde. Un hélicoptère survole la zone.
Puis le point de vue change, un homme s'enfuit, tente de quitter les lieux, il s'arrête sur un combattant mort et lui arrache son lance-roquette des mains, pris de panique, il attend les trois promeneurs au fond d'un passage étroit et obscur. Une pause, les deux suiveurs se roulent un joint, se marrent, l'homme caché fait un léger bruit, les trois hommes avancent, il tire et fait exploser les chairs. L'homme court, tente de se dégager de la zone de surveillance de l'hélicoptère mais en vain, il se retrouve prisonnier.
Scène inaugurale qui se situe dans une zone de conflit, Afghanistan ou zone similaire, le prisonnier (Vincent Gallo), avec sa tenue orange, est interrogé rudement puis transféré en avion dans un pays de l'Europe de l'Est. Tout ceci est historique, vérifiable dans la presse, les hommes faits prisonniers sont interrogés dans des camps de transit basés dans divers pays d'Europe, centres non-officiels, dernière station avant Guantanamo.
Un accident va permettre l'évasion du cet homme dont nous n'avons jamais entendu un mot.
A partir de ce moment le brouillage historique opère, nous ne sommes plus en connexion avec des données historiques mais plus en mode survival.
Cet homme du sud est en plein hiver, ses repères sont perdus et des hommes sont à ses trousses. Skolimowski va nous montrer un homme qui ne cherche qu'à survivre, quête d'autant plus désespérée qu'il ne sait pas où il est ni où il va.
Des plans de nature magnifiques s'enchaînent tandis que le personnage (Gallo est un barbu qui ressemble assez à la représentation de Jésus) souffre du froid, de la faim. Il devra rabaisser son humanité et chercher en lui la part animale pour gagner du temps supplémentaire. Des souvenirs surgissent (sa femme, son enfant, des prêches belliqueux), des visions prémonitoires, la raison s'échappe, la traque s'accentue. L'Enfer peut ressembler à ce que vit le personnage avec des séquences étranges comme celle des chiens identiques.
La fin, très belle, est de ces moments apaisés qui suivent le renoncement.

21 juin 2012

Drive (2011) Nicolas Winding Refn



Los Angeles. Un cascadeur pour Hollywood, chauffeur freelance pour braqueurs du weekend, va se prendre d'affection pour une femme, plus largement pour sa famille. Le mari, qui sort de taule, se fait harceler par la mafia locale. Comme Travis Bickle, il va surgir de la nuit et nettoyer la ville.
Les plans du film sont léchés, un travelling en voiture, de nuit, est rarement foiré. La violence surgit brusquement et le calme revient. La scène de l'ascenseur, à cet égard, est la plus belle, ajoutons le plan où notre cascadeur tremble de rage au téléphone, marteau à la main. 
Seulement il n'y a pas la profondeur que l'on peut trouver chez Mann, ni la présence de la ville. Il manque de la densité, une moiteur, ne énergie souterraine qui aurait rehaussé l'ensemble. Petite déception.

Après l'avoir vu quelque fois de plus, je retire le manque de densité dont j'avais parlé. Je crois que le jeu de Gosling y avait contribué fortement. Je pointe surtout ses murmures habituels qui donnent au personnage une naïveté, une candeur presque ridicule, ceci contrastant avec les accès de violence. En revoyant le film, c'est davantage le secret de ce personnage qui affleure, son drame intérieur. 

17 juin 2012

Peggy Sue Got Married / Peggy Sue s'est mariée (1986) Francis Ford Coppola


Peggy Sue (Kathleen Turner) se rend à un gala d'anciens bacheliers. Cauchemar où chacun va constater si les rêves d'adolescents correspondent avec la réalité. L'événement constitue une sorte de retour en arrière où,  à l'image des miroirs déformants, personne ne ressemblerait vraiment à celui qu'on attend. Pour Peggy Sue le cauchemar est double puisqu'elle s'apprête à divorcer de Charlie (Nicolas Cage). Alors qu'elle est élue reine de la soirée elle s'évanouit et entraîne le spectateur dans un voyage qui la ramène à ses jeunes années. Elle voit s'offrir à elle une seconde chance, le moyen de quitter Charlie avant qu'elle ne s'engage réellement, le moyen aussi de choisir quelqu'un d'autre...
Coppola signe une comédie douce-amère et un beau portrait féminin. L'on rit volontiers devant les personnages un peu ridicules qui nous sont présentés lors du gala mais qui a eu le loisir de vivre ses rêves ? Peu d'élus. Michael Fitzsimmons et son livre écrit ? Le scénario fait l'hypothèse qu'une vie avec celui qu'on aime est également une vie réussie. L'amour de ses proches. 
Un film aimable.