30 avr. 2013

Rabbit Hole (2010) John Cameron Mitchell

Aaron Eckhart
Sujet pathos, façon "Dossiers de l'écran" avec débat (thérapie de groupe) après le film. Un couple tente de se remettre de la perte de leur enfant, mort en traversant la route après son chien. Le couple est joué par Kidman (Becca) et Eckhart (Howie), Kidman produisant le film et ayant choisi son partenaire.
Becca a déjà eu un décès dans la famille, son frère mort à trente ans d'une overdose, c'est plutôt la mère (Dianne West dans un joli rôle) qui pore le deuil. Le scénario est conçu pour que le spectateur pense que c'est davantage Becca qui a du mal à se reconstruire, or le mari en souffre tout autant. La bonne idée est la relation que Becca entretient avec Jason, le jeune homme qui a renversé son fils. Ce dernier écrit une bande dessinée pour exorciser ses démons à base de passages souterrains conduisant à des univers parallles où la vie est sublimée. Viennent ensuite les thérapies, le cercle familial, les envies d'adultère, de partir ailleurs, loin du drame.
Le film se laisse voir, les acteurs sont justes, nous aurions aimé que cette bande dessinée prenne un peu plus de place, elle apportait une réelle intensité dans le récit un peu lisse.

Uomini contro / Les hommes contre (1970) Francesco Rosi

Alain Cuny et Gian Maria Volonté
Uomini contro nous fait penser énormément à Paths of Glory. Le sujet est le même : la manière dont un état-major impose des décisions suicidaires pour conquérir un bout de terrain et ce, au mépris des hommes massacrés par les mitrailleuses en terrain découvert. Les mutineries qui suivent et les pelotons d'exécution qui y répondent. 
Le général est joué par Alain Cuny qui est admirable de raideur, de crétinerie obstinée. Gian Maria Volonté est l'homme près de ses troupes qui a humanité et courage. 
Le film reprend des faits historiques décrits dans le roman d'Emilio Lussu, Un anno sull'Altipiano. Les faits sont si insensés que le film relève presque de la farce dénonciatrice. L'action la plus raisonnable est l'assassinat du commandant hystérique à lunettes. 
Une séquence nous montre le général montant une faction de soldats équipés de cuirasses ridicules qui doivent mettre les soldats qui les portent à l'abri des balles. On pense à Céline qui raconte les inventions d'un personnage fantasque pour construire des masques à gaz afin d'équiper l'armée française durant la Première Guerre Mondiale, (re)lire Guignol's Band.
Les troupes attendent la mort sous la brume, le score de Piero Piccioni soutenant le tout dans une ambiance crépusculaire.

29 avr. 2013

The Sergeant / Le sergent (1968) John Flynn

Rod Steiger
Nous le savons, l'homosexualité a longtemps été vue comme une maladie, une déviance qui pouvait (et peut encore dans certains pays) donner lieu à des poursuites judiciaires. Le premier film de John Flynn évoque ce sujet au sein même de l'armée américaine à travers le personnage du Sergent Callan interprété par Rod Steiger.

Nous pourrions penser que ce soldat, brutal, intraitable représente une dénonciation du sujet abordé, en effet n'est-il pas odieux, manipulateur, lâche si nous considérons la fin. Je crois que c'est tout le contraire. Il faut la performance de Rod Steiger pour pouvoir montrer ce que le personnage vit, son désespoir profond qui l'oblige à taire son orientation sexuelle. C'est un militaire, pas un militant de la cause vivant dans une ville cosmopolite, l'action se déroule en 1955.

La beauté de l'amour que vit Tom Swanson (John Phillip Law) avec Solange, la jeune française (Ludmila Mikaël), les paysages brumeux, les peintures automnales des espaces qui servent d'écrin à leur union sont ceux de la liberté d'aimer, de le faire.
Le final, émouvant, stigmatise davantage l'interdit, l'impossibilité même d'un amour non partagé et non une dénonciation tragique de l'homosexualité même. Le regard de Callan, emportant l'image de l'être aimé est beau parce qu'il est celui de la sensibilité derrière la brute insatisfaite, l'âme désolée, seule. Lui répond le regard de Tom Swanson qui comprend, brutalement, toute la tragédie derrière la scène agitée et tourmentée menée par son supérieur.

Un superbe premier film.

Prime Cut / Carnage (1972) Michael Ritchie


C'est une excellente séquence d'ouverture qui nous accueille, Ritchie filme les bêtes à l'abattoir, en plus fun que Franju puisque la séquence est montée avec une mélodie assez douce composée par Lalo Schifrin mais toute aussi glauque car nous voyons les bêtes être dirigées dans l'enclos, puis, une à une, arriver jusqu'au pistolet d'abattage. Un plan furtif nous dévoile un postérieur nu. On se demande alors si on a bien vu. Vient ensuite le produit fini : saucisses et steaks hachés. Un homme arrive, écarte une employée qui travaille sur les dites saucisses et en prend quelques-unes, qu'il expédie à Chicago. Ces saucisses sont humaines, le plan furtif sur les fesses nues prend tout son sens.
L'homme ayant servi à produire ces saucisses est envoyé par le parrain de Chicago qui en a assez des envies d'indépendance du parrain local (Kansas City), Mary Ann (Gene Hackman). Il a envoyé plusieurs hommes dans la cambrousse et aucun n'est revenu, certains finissent dans le purin, d'autres comme vous le savez.
C'est Nick Devlin (Devil in), qui s'y colle, Lee Marvin très cool attitude. Nick vient de la région, connaît tout le monde, a même eu une histoire avec la poupée de Mary Ann.
En voulant faire payer la part qui doit être récoltée pour le boss de Chicago, il va sauver des griffes de Mary Ann, une jeune prostituée (Mary Ann les élève, toutes issues de l'orphelinat local, les drogue, les expose dans des enclos et les loue aux rednecks du coin), Poppy (Sissy Spacek, délicieusement belle).

Chouette polar avec granges, stand de tir à la dinde, champs de blé avec moissonneuse batteuse avide de chair fraîche, Ritchie ajoute un brin d'humour, de second degré, des dialogues savoureux et l'on se plaît à regarder le chevalier Marvin accomplir son devoir.

28 avr. 2013

The Twilight Zone : Time Enough at Last / La quatrième dimension : Question de temps (1959) John Brahm

Burgess Meredith
Saison 1.

Cet épisode est marquant à plus d'un titre, d'abord par la performance de Burgess Meredith qui incarne Henry Bemis, un passionné de littérature, un lecteur compulsif qui ne peut lire autant qu'il le voudrait à son travail et qui est pris entre les griffes d'une femme sadique qui jouit à le priver de la moindre ligne. Déjeunant dans le coffre de la banque afin de pouvoir lire en paix, le voici seul au monde après une explosion nucléaire : devant lui du temps et des livres. Ma scène préférée est celle où il prépare des piles pour les mois à venir seulement Henry Bemis est dans la Twilight Zone...
La chute est source d'une frustration mémorable.

The Lost Weekend / Le poison (1945) Billy Wilder


Voici un excellent film sur les méfaits de l'alcoolisme. C'est une lente et longue description à laquelle nous avons droit, celle d'un écrivain, Don Birnam (Ray Milland) qui peine à accoucher de son oeuvre et qui se réfugie dans l'alcool.
Milland accomplit une belle performance, pour les fans de Shining, regardez attentivement les gestes qu'il produit lors de la première scène du bar, chez Nat, ces gestes sont cités avec exactitude par Nicholson.
Vol, trahison, caches de bouteilles, amnésie, hallucinations, oisiveté, delirium tremens, humiliations, internement (Hangover Plaza), tout y passe et l'on est surpris devant tant de noirceur. C'est, dix ans plus tard, The Man with the Golden Arm, auquel The Lost Weekend pourra être comparé.
Le style est superbe, de forts contrastes crées par John F. Seitz, des scènes proches du polar, voir du fantastique, ce dernier registre étant soutenu subtilement par l'usage du Theremin qui rend le score de Rosza cauchemardesque.
Quelques touches rappellent que Wilder est aux commandes, je pense par exemple au personnage pittoresque de la propriétaire de l'appartement de Birnam et son caniche ou à cet oeillet qui fait naître une scène attendue qui n'apparaît pas.
Jane Wyman est plutôt transparente, son joli minois ne parvient pas à faire oublier Doris Dowling, qui joue la girl next door, et qui réussit, dans un petit rôle à retenir notre attention.
La structure du film, le début est repris à la fin, prend la boucle comme figure principale, cercle de l'alcoolisme dont Birnam ne parvient pas à s'extraire, cercles qui le hantent et précipitent sa chute, ceux humides laissés par les verres pris sur le comptoir, sphères des globes des lampadaires qui scandent ses errances ethyliques... Nous pardonnerons le happy end final, qui n'est pas non plus assuré, Wilder ayant subi la pression des alcooliers pour que le film ne puisse voir le jour, faire mourir Birnam à la fin eût été de trop.
Un Wilder noir, très noir.

15 avr. 2013

The Frighteners / Fantômes contre fantômes (1996) Peter Jackson


Une histoire de fantômes qui ne donne pas la chair de poule, bien au contraire.
C'est sur un rythme endiablé que débute cette comédie extrêmement réjouissante, d'abord parce nous retrouvons, pour un de ses derniers grands rôles au cinéma, Michael J. Fox et puis surtout pour le scénario complètement stimulant. Cette histoire de serial killer qui continue à faire des victimes par-delà la mort est traitée avec une irrévérence jubilatoire. Références au cinéma, impertinence, boulimie d'effets spéciaux, l'ennui est la seule notion qui est maltraitée, sans respect aucun.

14 avr. 2013

The Twilight Zone : The Lonely / La quatrième dimension : Le solitaire (1959) Jack Smight

Jean Marsh
Saison 1.

James A. Coray (Jack Warden) est un condamné particulier. Sa sentence l'isole sur un astéroïde dans une extrême solitude. Cinquante ans, c'est long. Surtout lorsque les seules visites sont celles du vaisseau piloté par Allenby (John Dehner). Allenby lui apporte les vivres, joue un peu aux échecs avec lui aussi ses visites sont attendues. Lors de son dernier passage, il s'affranchit des règles pour lui donner un robot ayant l'apparence et la douceur d'une femme, Alicia (Jean Marsh) entre alors dans sa vie.

Tourné à Desolation Canyon, dans la Death Valley, cet épisode est proche de la perfection. Un décor épuré permet aux deux personnages de faire ressentir au spectateur toute la dramaturgie qui resurgira dans le récit de Philip K. Dick, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? écrit sept ans plus tard. Jean Marsh incarne idéalement l'humanité du robot, lui apportant sa douceur, sa séduction naturelle, sa beauté. Le final est d'une brutalité efficace.
Un excellent épisode et un scénario remarquable de Rod Serling.

The Naked Prey / La proie nue (1966) Cornel Wilde


Un safari au milieu du XIXème siècle, selon la volonté du commanditaire aucune offrande n'est faite à la tribu locale qui la demandait. La tribu donne l'assaut et élimine systématiquement les membres du safari avec des méthodes assez sadiques. Le dernier homme restant en vie est livré à de jeunes guerriers qui veulent jouer avec : il prend de l'avance, nu, et devra résister aux hommes qui partiront à sa poursuite.
Les dialogues sont rares et souvent ce sont les dialectes utilisés par les autochtones, ce qui est plutôt rare. Le parti pris est de montrer la lutte pour la survie que livrent les hommes et les animaux au sein de la nature. La cruauté développée à partir de la chasse à l'homme est moins choquante que celle, gratuite, adoptée par le chasseur aux éléphants qui les tire "pour le sport". Le personnage interprété par Wilde accepte cette violence comme un élément naturel. Les salutations échangées à la fin du film sont celles du respect pour la même philosophie. 
C'est un film simple mais ambitieux tout comme Beach Red que le réalisateur tournera ensuite, le propos se veut plus profond qu'un petit divertissement.

7 avr. 2013

Le colonel Chabert (1943) René Le Hénaff


Adaptation plaisante du récit balzacien, Le colonel Chabert offre une belle distribution, Raimu qui n'en fait pas des tonnes campe un Chabert résigné mais digne, Marie Bell m'a paru d'abord fade et puis finalement j'ai trouvé son jeu, économe, discret, totalement en phase avec le rôle. 
Les décors de Jacques Colombier haussent cette production et la réalisation de Le Hénaff est suffisamment soignée pour ne rien gâcher.
Chose étonnante, les scénaristes se sont permis d'étoffer le roman initial, des scènes entières ne sont pas dans le roman, d'autres seulement évoquées apparaissent, ce qui n'était pas le cas de l'adaptation de Yves Angelo. Liberté prise qui n'enlève rien, le charme opère et l'ensemble est très satisfaisant.

The Seven Year Itch / Sept ans de réflexion (1955) Billy Wilder

"I had onions at lunch. I had garlic dressing at dinner. But he'll never know, because I stay kissing sweet, the new Dazzledent way"

New York, les vacances d'été. Richard Sherman (Tom Ewell) accompagne sa femme et son fils jusqu'au train. ils partent en vacances le laissant seul, il doit travailler. Il sait qu'il doit lutter contre la tentation de se laisser aller : cigarettes, cocktails et jolies femmes. Il a pleinement conscience d'être une cible pour le syndrome du démon de midi et puis il a tant d'imagination !
Tout se complique lorsque la nouvelle voisine du dessus (Marilyn Monroe) s'installe et se met en entrer en contact avec lui...
Wilder s'amuse avec cette adaptation d'une pièce jouée à Broadway que devait réaliser Cukor. Il y a des traits qui font fortement penser à du Tex Avery (la séduction de Sherman au piano lors de la scène fantasmée), cette façon également de ne pouvoir se débarrasser de la fille, qui revient sans cesse comme Droopy, y compris par l'escalier condamné). Monroe est parfaite dans ce rôle de cruche au corps fuselé comme un avion "I think that's just elegant.". Elle cabotine, joue de son charme et de son statut de sex symbol, souligné par la mention de son nom dans le film. 
Un classique que l'on aime revoir régulièrement.

6 avr. 2013

Momma Don't Allow (1956) Karel Reisz & Tony Richardson


Le BFI Experimental Film Fund permet à Reisz et Richardson de tourner ce court pour quelques centaines de livres. Ils s'installent dans un jazz club du Nord de Londres pour quelques samedis de suite afin de capter l'atmosphère du lieu.
Un montage alterné nous dévoile les différents jobs faits par quelques habitués du coin, garçon boucher, assistante dentiste, femme de ménage... c'est la fin de semaine et le jazz band de Chris Barber s'installe dans le club. La boule à facettes est terne, rien de plus glauque qu'un club désert.
Mais peu à peu les clients vont arriver, la piste va se gorger de couples qui dansent au rythme des morceaux enchaînés. Rires, bières, pas timides puis danses infernales se succèdent. Puis la nuit avance, étreintes, fatigue, ivresse, confidences...
Reisz et Richardson filment le jazz, l'abandon, la mixité sociale le temps d'un moment... Mais aussi une certaine jeunesse qui a une féroce envie de vivre, de briser la monotonie quotidienne.

5 avr. 2013

Kris / Crise (1946) Ingmar Bergman


Dans un bourg paisible, la vie s'écoule avec un ennui qui ne dit pas son nom. Nelly (Inga Landgré) vit chez sa mère adoptive, Ingeborg (Dagny Lind) et attend le bal municipal qui aura lieu dans la soirée avec une grande impatience. C'est le même jour qu'arrivent par l'autobus, sa vraie mère, Jenny (Marianne Löfgren) et son amant bien plus jeune qu'elle, Jack (Stig Olin) ainsi que la robe qu'elle a commandée pour le bal.
Jenny est venue récupérer sa fille pour l'emmener chez elle, à Stockholm. Séduite par Jack, elle s'y rendra, délaissant celui qui l'aime, Ulf, et décevant Ingeborg. Hélas, les émotions vécues ne se renouvellent pas toujours dans la durée.

C'est le premier film que réalisait Bergman, avec le désir intense de réussir quelque chose de grandiose, seulement le tournage se révéla catastrophique, "Je jurais, je criais, je tempêtais, j'insultais tout le monde autour de moi...". Les scènes tournées en extérieur peinaient à voir le jour, le décor monté en studio n'était pas exploité à sa juste valeur, les acteurs ne l'écoutaient guère et le directeur de la photo le méprisait. Victor Sjöström lui conseilla de faire plus simple.

Le film n'est pas dénué de qualités, certes le personnage de la mère adoptive semble inabouti, tout ce qui est en lien avec les différences d'âge, les enjeux de l'amour filial sont des thèmes qui traversent le film sans qu'ils soient véritablement traités. Seulement ils forment un rideau duquel se détache une jeunesse qui veut vivre avec intensité, voir la scène du bal municipal et que l'on étouffe à coups de conventions. C'est là où le personnage de Jack prend toute son importance, il est le déclencheur de la joie, de la vie, des rires et des étreintes chaleureuses. Il illumine le film avec ce qu'il donne aux autres personnages mais Jack n'est pas heureux, il souffre d'un mal de vivre et ressemble, à l'intérieur, aux figures décharnées des mannequins de l'institut de Jenny. Jack est un personnage que Bergman a rajouté à la pièce initiale et auquel il s'identifiait beaucoup. Stig Olin lui apporte une densité remarquable.

1 avr. 2013

Hardcore (1979) Paul Schrader

Hustler Billboard

Hardcore présente de nombreuses similitudes avec Taxi Driver, le premier point commun étant que le même homme a écrit les deux sujets : Paul Schrader.
La description d'une faune interlope propre au milieu urbain est un thème développé dans les deux films. C'est d'abord Grand Rapids, une ville du Midwest, qui ouvre le film. C'est Noël, réunions de famille, flocons, cadeaux et chants religieux, d'autant plus religieux que la famille, dont Jake VanDorn (l'excellent George C. Scott) est le patriarche, est croyante, pratiquante, il sera question, dans le film, de l'Eglise réformée de Hollande, des calvinistes. VanDorn pense maîtriser sa vie, il dirige avec fermeté et réussite son entreprise, tout va bien. Jusqu'à ce que sa fille, en voyage en Californie, disparaisse dans la nature.
Ayant fait appel à un détective privé local, Mast (Peter Boyle que j'aime beaucoup), il apprend que sa fille joue dans des films porno (hardcore). VanDorn vient à Los Angeles pour la retrouver.

Le personnage de Niki (Season Hubley) est intéressant, c'est une fille paumée, qui galère dans l'industrie du porno, elle aide VanDorn à identifier ceux qui sont en contact avec sa fille. Elle permet à VanDorn de comprendre qu'il y a des êtres humains dans ce milieu, que tous ne sont pas des créatures du diable, que la vie les a menés sur ces chemins. C'est un peu ce dont il doit prendre conscience avec sa fille, le monde qu'il s'est construit, celui auquel il croit n'est pas le seul qui existe.