30 juin 2013

Dracula (1979) John Badham


Je ne connaissais pas ce Dracula et j'ai été ébloui, même si l'édition Bach Film propose le film dans un bon format mais avec une image qui n'est vraiment pas à la hauteur de la beauté du travail de Gilbert Taylor, une édition BR viendrait satisfaire ceux qui attendent.
Il y a d'abord la photo magnifique de Taylor, les superbes paysages de Cornouaille mais c'est la performance de Frank Langella qui fascine : il incarne un Dracula d'un calme impérial, sa voix douce envoûte et charme le spectateur, elle impose, paradoxalement, une force retenue assez efficace. Il est séduisant, parle avec un débit tranquille et écrase le personnage de Jonathan Harker. La liaison qu'entretient Dracula avec Lucy relègue à l'arrière-plan celle, plus officielle et moins voluptueuse avec Harker. Langella, dans le making-of réalisé par Laurent Bouzereau, explique la manière dont il a imposé ses vues sur le personnage, voulant en faire un romantique, un personnage en souffrance plein de tact et de savoir-vivre. c'est une réussite.
Face à cette retenue le film tente d'assurer un quota d'action, d'effets spéciaux qui, je trouve, jurent un peu. L'humour également vient assez maladroitement proposer un contrepoint avec la tonalité romantique de l'ensemble. L'humour volontaire (les scènes avec la voiture et les remarques sur le véhicule) ou pas (l'accent "Europe centrale" de Laurence Olivier me sortait invariablement du film).
Ce sont là des détails qui ne doivent pas vous empêcher de découvrir le film, signalons que John Williams signe une bande originale délicieuse.

Je garde pour la fin l'évocation de Donald Pleasence, aimé de tous les cinéphiles, il interprète le Dr Seward, je trouvais étrange la manie qu'il avait de se promener avec un sachet de bonbons, bonbons qu'il mangeait durant tout le film. Le making-of nous apprend qu'il faisait cela pour que le monteur ne puisse pratiquement pas couper dans ses scènes, en effet, manipuler le sachet, en extraire doucement un bonbon, en retirer l'emballage puis à la fin de la scène l'avaler assurait à Pleasence un élément de continuité qui ne pouvait être coupé au risque de troubler le spectateur. Aussi à partir d'un rôle secondaire il augmentait astucieusement sa présence lors du montage final. 

10 commentaires:

  1. Totalement d'accord avec vous. Ce Dracula mérite d'être reconsidéré et revu à la hausse !

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  2. Ah oui ! L'ai vu à l'époque dans une salle quasi vide... M'étais demandé pourquoi! Quelle injustice, n'est-ce pas.
    Bonne idée d'en reparler. Frank Langella y est d'une douceur... pétrifiante. Magistral.

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  3. Suite:
    j'ajoute que je ne connais pas la version DVD mais force est de constater que BACH FILMS n'offre que du matériel de très médiocre qualité. Se méfier, en particulier, de leurs jaquettes qui clament "Version restaurée". C'est invariablement une escroquerie pure et simple.
    J'ai cessé d'acheter leurs DVD.

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  4. Bach Films, c'est parfois correct, souvent médiocre et quelquefois horrible mais quand c'est le seul moyen de voir un film...

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  5. Voir le somptueux Technicolor de, par exemple, les "Neiges du Kilimandjaro" devenir une soupe diluée façon eau de vaisselle où on ne distingue plus ni le bleu, ni le noir, ni le jaune, ni le vert, où Ava Gardner ressemble au lampadaire sous lequel elle se tient... Il me semble qu'il vaut mieux ne rien voir du tout.
    Si on peut appeler ça "voir".

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  6. Certes, d'autant plus qu'avec le BR, nous nous habituons à une qualité très satisfaisante. Il m'arrive même, parfois, de ronchonner lorsqu'une copie, en salle, est limite. Nous sommes des enfants gâtés, souvenons-nous de l'époque où seules les vhs étaient l'alternative à la salle.

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  7. Justement. Je pense que Bach Films fabrique bel et bien ses DVD à partir de vieilles VHS! C'est moins cher. Inacceptable, non ?
    Le problème n'est pas de s'indigner des limites de la technique (après tout, au temps des VHS, on ne pouvait pas avoir mieux dans le genre cinéma à domicile). Le problème c'est d'être pris pour des crétins par une firme qui achète des lots à la louche et qui ne prend pas la peine de les "nettoyer" voire de les restaurer par pure pingrerie. On ne fait pas de bien au cinéma avec une telle politique de marchands du temple. Et comment faire aimer aux nouvelles générations des "vieux films" techniquement in-regardables et souvent inaudibles?

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  8. Personne ne vous oblige à acheter un Bach Film. J'ai du Criterion en BR et du Bach Film et tout ce qu'il y a entre.
    Je ne m'indigne pas, je fais ce que je veux, j'achète ou pas. Quelques clics sur les forums spécialisés vous renseignent sur la qualité des films.
    Quant aux nouvelles générations, les "jeunes" feront comme tout le monde sauf qu'aujourd'hui l'offre est immense, bien plus large qu'à l'époque où j'étais jeune.

    Râler contre Bach Films est ennuyeux et stérile.

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  9. Je ne parlais pas de vous quand je disais "s'indigner", mais de moi.
    C'est rigolo, ceci dit : mes reproches s'adressaient uniquement et exclusivement à cet éditeur de dvd. Et vous les prenez pour vous... Surprenant.
    Les blogueurs m'étonneront toujours.

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  10. Je ne les prends pas pour moi, je n'ai aucun intérêt chez Bach Films. je n'ai pas été très clair (mon côté blogueur sans doute). Disons que je ne vois pas la fin du cinéma parce que Bach Film édite des horreurs, ni le sacrifice de toute une génération.
    Je conviens volontiers de l'exécrable qualité de certains films chez cet éditeur, d'autres sont plus visibles mais je ne résume pas tout l'univers de l'édition à ce seul éditeur.
    Ravi de vous avoir amusé, surpris et étonné.

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