27 juin 2013

Jubal / L'homme de nulle part (1956) Delmer Daves


Superbe western shakespearien où la question de l'héritage, par conséquent du pouvoir est au coeur du récit. 

Jubal (Glenn Ford) surgit, comme son titre l'indique, de nulle part, prêt à mourir il est sauvé et recueilli par Shep (Ernest Borgnine), le propriétaire d'un ranch. Jubal lui plaît, il le met à l'épreuve et l'embauche, jusqu'à ce qu'il devienne son second. Pinky (Rod Steiger), homme colérique et ambitieux, déteste le nouvel arrivant, la place lui revenait. La situation est encore trop simple, il faut compter avec Mae (Valerie French), l'épouse récente de Shep qu'elle déteste, qu'elle a trompé avec Pinky, sachant que désormais elle est amoureuse de Jubal. Ce dernier est séduit par une jeune femme, fille du chef d'un convoi de chariots conduits par des religieux traversant les terres de Shep.

C'est un western passionnant de par les relations dramatiques qui se nouent entre les personnages, la tension est sans cesse présente et le récit est captivant. Presque chaque personnage a son drame enfoui qu'il délivre peu à peu, même Pinky, que Rod Steiger rend antipathique au possible, a sa scène émouvante lors du sauvetage d'un veau. Le scénario s'inscrit dans des paysages somptueux que les cadres de Delmer Daves magnifient.
La qualité de l'interprétation est au niveau : Glenn Ford est excellent, il a, comme James Stewart, une douceur et une force qui se conjuguent à merveille et Borgnine n'a rien à prouver, il envahit l'écran naturellement. Notons que Jack Elam traîne sa carcasse à l'arrière-plan et que Charles Bronson a un rôle non négligeable.

Le pouvoir, le désir sexuel, l'amitié, l'amour, les relations père-fils, la liberté, la fidélité, la trahison, autant de notions qui traversent ce film riche de ses nombreuses qualités. Un western important.


2 commentaires:

  1. Plus je le vois, plus Glenn Ford me stupéfie. Je trouve qu'on ne lui a vraiment jamais donné l'importance qui lui revient. Peut-être parce qu'il fait en un frémissement de sourcil ce que d'autres font en trois grands gestes larges. Bref, c'est comme Daves. Tous deux souffrent de leur virtuosité dans l'art du minimum. Vachement dommage.

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  2. Glenn Ford est un acteur qui me plaît de plus en plus, j'aime bien sa façon de chevaucher, les bras très relevés. Je ne crois pas avoir vu cela chez un autre acteur, c'est d'une élégance.

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