21 juil. 2013

Ace in the Hole / Le gouffre aux chimères (1951) Billy Wilder


Sunset Boulevard, réalisé un an plus tôt, traitait déjà, à sa façon, de l'ivresse de l'image, de la fascination qu'elle exerçait sur ses victimes. Avec Ace in the Hole, c'est l'écrit qui est abordé. 
Kirk Douglas interprète un journaliste, Chuck Tatum, qui surgit, voiture embarquée par une dépanneuse, au Nouveau Mexique. Il a été viré de son journal à New York, en a fréquenté d'autres et se propose au journal local. Son rêve est de prendre sa revanche. 

Le besoin avide d'occuper la une, d'être à la page, d'exister, d'être célèbre est abordé dans le film, la vérité qui est l'exigence du journal local subit les affronts de l'arrivisme, de la finalité peu importe les moyens. Tatum illustre parfaitement ce schéma mais il incarne plus encore celui qui veut mener la danse, celui qui veut contrôler, avoir le pouvoir, les scènes sont nombreuses où il domine son ou ses interlocuteurs. Il faut l'énergie d'un Kirk Douglas pour rendre l'interprétation crédible car le personnage a un pouvoir de conviction immense, il n'est pas dénué de qualités seulement celles-ci sont mises au service d'un goût pour la gloire douteux, ou d'un désir de vengeance malsain.
Douglas, comme dans d'autres rôles, joue habilement sur les deux registres, celui de la rage destructrice, d'un homme qui ferait tout pour atteindre son but. Le visage de l'acteur a des traits qui font parfois peur, emplis d'une vulgarité distillée par la morale douteuse du personnage. Néanmoins Wilder nous le fait voir aussi dans son humanité compatissante, lorsque Tatum se rend compte qu'il est allé trop loin, lorsqu'il ne contrôle plus. Douglas sait se rendre aimable et la rédemption n'est pas loin.

C'est un excellent Wilder, les cadrages sont souvent percutants, ils diffusent une énergie propre au personnage et à la violence avec laquelle il se fraye un chemin pour arriver à destination. Le propos est noir et juste. 

"Bad news sells best"

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