31 août 2013

This Happy Breed / Heureux mortels (1944) David Lean


Noel Coward était si heureux du succès de In Which We Serve qu'il demanda à ses protégés de continuer à adapter ses pièces à l'écran. Ainsi Anthony Havelock-Allan, David Lean et Ronald Neame créèrent une société de production pour exaucer ce souhait.
La pièce date de 1939 et présente le quotidien d'une famille anglaise de la petite bourgeoisie vivant à Londres durant l'entre-deux guerres.
Le défi pour Lean était de réussir à captiver le spectateur avec un sujet si dénué d'action.
Aidé par une distribution superbe, par un Technicolor magnifique (veuillez excusez les adjectifs élogieux), le film ne peut que plaire aux âmes bien faites. 
Loin des futures grandes productions qui feront sa renommée, Lean prouve qu'il excelle également dans l'intime. Que d'émotions nous vivons à franchir les années avec ces personnages, nous ressentons avec force le drame lorsqu'il surgit brutalement, nous rions avec eux, nous nous réchauffons au coin du feu. Tout est faux, bien sûr, mais n'est-ce pas du génie lorsque cet artifice qu'est le cinéma nous fait ressentir autant d'émotions ? Chaque détail, chaque intonation, les regards échangés par les acteurs, tout nous ravit.
Cette maison, ce décor, qui est vide deux fois, vibre d'une intensité émouvante une fois la porte refermée, l'on se dit que oui, nous pourrions vivre parmi eux. Coward voulait présenter les anglais face à l'adversité, unis dans les difficultés de la guerre, c'est réussi.
Le sentiment du temps qui passe, la manière dont les événements se succèdent, dont les personnages apparaissent ou disparaissent est un autre tour de force. 
Un pur moment de cinéma.

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