14 sept. 2013

Capitaine Conan (1996) Bertrand Tavernier


Le lieutenant Conan (Philippe Torreton), qui sera promu capitaine, dirige une cinquantaine d'hommes, pour certains sortis de prisons diverses, qui forment une unité d'élite maniant couteau, arbalète, fronde, grenade et autres armes avec une dextérité redoutable. L'officier protège ses hommes, les défend.
Une fois la guerre terminée (la Première Guerre Mondiale), ces hommes repartent vers d'autres fronts balkaniques. Lorsqu'ils sont dans l'attente d'une mission, entre deux combats, certains d'entre eux commettent des actes de banditisme. Un procès s'ouvre.

Plus que la guerre en elle-même, le récit trace une frontière entre ceux qui sont au contact, qui doivent plonger les mains dans le sang et les autres. Sortis de plusieurs années de combat, il est difficile de rentrer dans le rang. Les scènes de chasse, de repas, la cohésion du groupe, la façon de rester toujours ensemble les amènent à vivre en meute, à s'écarter des intérieurs civilisés d'ailleurs lorsqu'ils prennent leurs quartiers dans le lycée français de Budapest, le bâtiment est violenté comme s'il devait s'aérer, rejoindre un état naturel : les fenêtres sont éclatées, le plancher brûlé. Certes il y a toujours une raison, bagarre, nécessité de se chauffer mais la force brutale et les manières de ces soldats se conjuguent peu avec le code exigé par le commandement qui paraît très éloigné des réalités (Rich et Berléand s'en donnent à coeur joie pour incarner des officiers crétins). La guerre et sa violence marquent les hommes de l'intérieur.

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