18 sept. 2013

Human Desire / Désirs humains (1954) Fritz Lang


Pas de tare héréditaire ici, du Zola qui se dissout dans un triangle amoureux hollywoodien, efficace mais éloigné de la force renoirienne, d'ailleurs la locomotive à vapeur, puissante et presque organique devient électrique et anonyme. Il n'est que de voir les plans documentaires tournés par Lang, ils sont moins impressionnants, Lang a dit la difficulté d'obtenir l'accord d'une société de chemins de fer, cela se voit.
Pour ce qui est du film, le personnage de Gloria Grahame, Vicki, est le pivot du scénario, celle pour qui le mari devient fou, déjà imbibé d'alcool, ayant le vice du jeu, ce dernier ne peut que mourir, il porte toutes les marques de la déchéance, le meurtre n'est que le point final d'une destruction annoncé. Lorsque nous voyons Grahame, nous savons de suite qu'il y a un désaccord flagrant entre les deux. Broderick Crawford a un rôle plus étoffé que d'habitude et parvient à faire exister ce personnage. L'amant qui vient perforer le cercle matrimonial est l'américain moyen par excellence, Glenn Ford. Il incarne Jeff, le conducteur de locomotive qui revient de Corée mais étonnamment il n'a aucune séquelle si ce n'est de succomber aux charmes de Vicki. J'aime beaucoup le mélange de leurs voix, celle de Glenn Ford avec ce timbre particulier et celle de Grahame, presque artificielle.
Lang filme cette histoire comme un polar, usant de l'ombre et de la lumière et se désintéressant de l'aspect naturaliste du roman de Zola. Si nous oublions le roman nous pouvons apprécier l'exercice.

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