5 sept. 2013

Spetters (1980) Paul Verhoeven


Commençant avec une musique et des scènes potaches à la limite du supportable, Spetters met en scène la jeunesse rurale désireuse d'aller plus haut, plus loin, plus fort.
Univers centré autour de la motocross, la faune locale adule le champion que joue avec désinvolture Rutger Hauer, restent la bière, les filles et les homosexuels du coin. L'amour chez Verhoeven se pratique avec la même volupté que procure le frottement des billets de banque. 
Une vendeuse de frites à l'ambition aussi développée que son sex appeal, Renée Soutendijk lui prête sa plastique affriolante, vient exciter les imbéciles du coin, leur souffler des rêves d'Amérique (de Canada en l'occurrence), de podium et de gloire.
Le film prend alors un virage très sombre, presque nihiliste, ce qui le rend plus intéressant. Comme si Verhoeven en avait assez de cette terre hollandaise, il y a comme une rage à briser les avenirs impossibles de cette jeunesse coincée dans des possibles restreints et l'on ne croit guère aux doux recommencements qui font rêver les personnages à la fin.
Une belle friandise noire cachée sous une fine couche de mièvrerie.

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