8 sept. 2013

The Amazing Mr. X (1948) Bernard Vorhaus


Veuve entendant la voix de son mari, ambiances crépusculaires, ombres s'étalant sur les murs, rideaux agités par le vent, demeure somptueuse en haut d'une falaise, plage en contrebas...
L'appel des morts est un beau sujet de cinéma, créatures voilées pour la nuit se mouvant lentement vers des terrasses où le rêve se confronte furieusement à la réalité. Il y a tout cela dans le film, la lumière de John Alton lui donne un écrin somptueux, le situant dans une zone floue entre polar et fantastique. La copie médiocre du dvd Bach Films, qui en a donné des pires, laisse entrevoir la beauté que pourrait diffuser une copie 35 neuve. Rêvons aussi.
Mais le film donne plus que les ombres chéries par les fans de film noir. Elle donne un méchant intéressant en la personne de Tuhran Bey qui interprète Alexis, le médium en carton. Personnage qui habite l'ombre et qui recèle de la lumière. Vorhaus et Alton se plaisent à suivre ses trucs, à en révéler l'artifice tout en donnant à son show la grandeur appropriée. Le film est un artifice, ses créateurs plongent dans l'illusion avec le plus grand sérieux, le plus beau désir de plaire, la lumière est travaillée avec une rigueur admirable et les angles de prise de vues ne sont pas timides, plongées, contre-plongées osées, la caméra est placée parfois étrangement comme dans ce plan où elle est sise dans un lavabo ! La profondeur de champ donne de l'espace à un décor volumineux qui fait penser à certains plans de Citizen Kane. Espace pleinement habité, ne manque que le grenier pour plaire à Gaston Bachelard.
De la belle ouvrage.

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