21 sept. 2013

The Wings of Eagles / L'aigle vole au soleil (1957) John Ford


Le commandant Frank "Spig" Wead, interprété avec brio par un John Wayne intense, était un ami de John Ford pour qui il avait signé le scénario de Air Mail (1932). Wead était un pilote qui aimait les sensations fortes (voir la première scène assez énorme où Wead emmène un soldat de l'armée de terre faire un tour) et qui est devenu paraplégique suite à une chute. Il devint alors écrivain, scénariste et auteur de pièces de théâtre.
 Ce n'est pas ce Ford que l'on met en avant pour évoquer la longue carrière du réalisateur et pourtant il mérite que nous nous y attardions. Sa particularité étant de contenir beaucoup de sa vie alors qu'il est en train d'en évoquer une autre. L'intérêt du film, cet axe autobiographique qui prend appui sur un support biographique, ne se révèle qu'à condition de connaître suffisamment la vie de John Ford que retrace admirablement Joseph McBride dans son A la recherche de John Ford paru chez Actes Sud/Institut Lumière.
D'abord cette absolue priorité accordée à la carrière, le cinéma pour Ford, la Marine pour Wead, priorité qui relègue la famille à l'arrière-plan. C'est d'ailleurs dans l'univers domestique que l'accident arrive. Le film témoigne sur un mode dramatique et comique de ce conflit. Puis la fidélité aux amis, la constitution d'un groupe soudé qui évolue autour d'une figure centrale (les portraits de Carey, la pose faite par O'Hara dans la capture, la ressemblance du personnage joué par Ward Bond avec Ford et d'autres détails), ajoutons le penchant pour l'alcool, un mode de vie viril où l'action succède aux bagarres, la vie de troupe...
Le foyer, femme, enfants ne peuvent rivaliser avec les guerres, la volonté de faire progresser son domaine d'activité et les choses simples (the wind, the sky, the sea, pure poetry) mais le prix à payer est, au détour d'un plan, une solitude, une tristesse qui reste passagère. L'investissement total d'un individu pour la cause dans laquelle il s'engage laisse des traces. C'est le prix à payer pour accomplir une oeuvre. Ford le sait intimement.

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