19 oct. 2013

Chicago Calling (1951) John Reinhardt


Festival Lumière 2013, Lyon.

"Art of Noir", séance présentée par Eddie Muller et Philippe Garnier.

Film rarement montré qui présente la particularité de voir Dan Duryea dans un rôle inhabituel, celui du mec sympathique, il endosse traditionnellement des rôles de crapules sans pitié.
Duryea interprète William Cannon, un ancien photographe qui sombre dans l'alcoolisme. L'argent vient sérieusement à manquer et son épouse en a assez de le voir rentrer à l'aube. Elle décide de quitter San Francisco et de partir à Chicago avec Nancy, leur fille. Arrivées à Chicago, l'épouse expédie un télégramme pour signifier que la petite a eu un accident, une opération chirurgicale doit suivre, elle rappellera. William ne sait où elles sont exactement et il n'a que ce coup de fil pour connaître l'issue de l'opération seulement il doit payer la facture téléphonique pour retrouver sa ligne. Une mini épopée commence.
William sera aidé par un gamin qui lui portera toute son affection, Bobby (Gordon Gebert).

Le réalisateur m'était inconnu jusqu'à cette séance, c'est un bourlingueur, Amérique du Sud, Europe, Etats Unis...
Ce film tente de donner une version américaine du Voleur de bicyclette, ce qui est plutôt réussi, la relation entre William et Bobby étant crédible et manifeste. Il y a aussi une mode issue de la réussite de The Naked City avec le même souci d'inscrire le récit dans le foisonnement d'une ville, avec une voix-off introductive. Les plans de Los Angeles sont nombreux, le film se déroule dans le quartier de Bunker Hill, ceux qui ont fréquenté l'oeuvre de John Fante reconnaissent la topographie particulière de ce quartier, les maisons et hôtels à flanc de colline... 
La pauvreté est un thème qui inonde le récit et une sorte de fatalité s'abat sur le personnage même s'il est régulièrement aidé par un tiers (le jeune gamin, l'argent retrouvé au stade, la vendeuse de sandwichs, le technicien de la compagnie de téléphone). Nous retrouvons la difficulté sociale, loin des codes hollywoodiens qui concerne la Californie, lorsque William travaille une journée dans le bâtiment, sa tentative de manier le marteau-piqueur est un passage rarement visible dans la production cinématographique qui en dit beaucoup sur la réalité du monde du travail et sur ceux qui exercent ce job, la minorité afro-américaine.
Après une séquence admirablement mise en scène, celle du "suicide" de William, un happy-end permet au spectateur de respirer.
Un film très recommandable.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire