20 oct. 2013

Des gens sans importance (1955) Henri Verneuil


Festival Lumière 2013, Lyon.

Jean Viard (Jean Gabin) est un routier qui ne trouve aucun réconfort dans sa famille, il est bien plus à l'aise au volant de son camion, volant qu'il partage avec son collègue Berty (Pierre Mondy). Lorsqu'il va rencontrer Clotilde (Françoise Arnoul), bonne au relais routier où il aime s'arrêter, c'est une relation passionnelle qui va débuter.

Gabin avait tourné au volant d'un camion dans Gas-oil de Gilles Grangier, l'année précédente mais là où le Grangier développait une intrigue ambiance polar auvergnat, Verneuil peint des profils psychologiques et décrit un univers avec une volonté réaliste ainsi le monde des routiers, leurs problèmes, les pressions du patron sur les horaires, la fatigue, tout cet univers est remarquablement reconstitué et c'est une des vertus du film que de le faire exister avec retenue et simplicité.
La mise en scène de Verneuil est efficace, c'est celle d'un artisan qui connaît bien son métier et qui met son talent au service du film. Notons que lors d'une conversation entre Gabin et Arnoul se déroulant dans une chambre, le bruit d'un camion passant sur la route étouffera le dialogue un instant, procédé que répétera, plus tard Godard dans A bout de souffle lors d'un même échange entre Belmondo et Seberg. Procédé assez rare dans la production des années 50.
L'écueil possible du scénario est de rendre crédible cette histoire d'amour, à cause de a différence d'âge entre les deux personnages mais cette différence est soulignée à plusieurs reprises, le fait qu'elle ne soit pas évacuée permet de régler le problème. il faut souligner également la tenue des dialogues, tous les échanges entre Mondy et Gabin sont dignes du meilleur Audiard, nous retrouvons cette décontraction du langage, cet usage de l'argot et de l'esprit vif de l'ouvrier populaire, celui qui pense, remercions François Boyer.

Enfin, reste Gabin, ces colères, ces emportements, ces yeux roulés, ces claques, Gabin possède cette aura particulière qui fait que lorsqu'il est à l'écran, nous avons l'impression de retrouver quelqu'un de la famille. J'ai tellement vu ses films dans le salon familial que dès qu'il apparaît c'est un plaisir. Il est, encore une fois, parfait dans ce film. Je goûte un peu moins la prestation de Françoise Arnoul, son personnage n'est pas à son avantage, cette fille déprimée qui ronge son frein en attendant de trouver une issue à sa vie, n'est pas un personnage facile à jouer car la palette des émotions est moins grande. 



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