16 oct. 2013

High School Confidential ! / Jeunesse droguée ! (1958) Jack Arnold


Festival Lumière 2013, Lyon.

Suite du parcours Quentin Tarantino qui présente ce film issu de sa collection personnelle, il tient à voir les films en 35 mm...
C'est le premier film qui l'amène à prendre conscience de l'importance des dialogues. Il faut dire qu'ils sont gratinés. Russ Tamblyn joue un jeune caïd, Tony, nouveau dans le lycée et c'est le pire cauchemar de tous : enseignants, administratifs, direction, y compris ses camarades. Tony est une véritable mitraillette verbale qui laisse sur place ses interlocuteurs, le spectateur aussi. Tarantino raconte qu'une fois le scénario écrit, le studio s'est adressé à un beatnik célèbre dans LA, Mel Welles (qui joue le patron de La petite boutique des horreurs de Corman), afin qu'il réécrive certains dialogues à la sauce beatnik, mode de la jeunesse de l'époque. Il ne s'est pas fait prié, certains passages sont compréhensibles en anglais, d'autres restent obscurs mais ce qui se dégage c'est une énergie destructrice. La chanson originale de Jerry Lee Lewis donne le ton, pour ceux qui ont lu la biographie du chanteur par Nick Tosches, Hellfire, c'est un peu de cette lave qui coule dans la bouche de Tamblyn, qui est excellent par ailleurs.
Tony veut prendre en main le réseau de distribution de drogue du lycée, le parrain local et son représentant ne le voient pas de la même façon.

C'est un polar en milieu scolaire sauvage, étonnant de bout en bout, Jan Sterling y interprète un professeur sexy qui éprouve une attirance pour ce jeune Tony, si particulier, elle veut le sauver de la damnation mais prend énormément de risques en l'invitant chez elle, le soir... Mamie Van Doren est inoubliable en tante nymphomane. Michael London que nous connaissons davantage pour le rôle de Charles Ingalls est le représentant du parrain local (interprété par Jackie Coogan, le kid de Chaplin), il a un monologue ahurissant où il raconte l'odyssée de Christophe Colomb et la découverte de l'Amérique d'une manière toute personnelle, ce dernier devient un dealer qui doit agrandir son territoire !
Courses en bagnoles, gamins décérébrés, parents négligents reprenant bien un deuxième verre à l'heure de l'apéritif, c'est un film de série B mais quel film ! Une voix off morale et totalement ironique vient clôturer le film en tentant de sauvant les apparences.
Tarantino, deux mètres derrière moi, ne cessait de s'esclaffer comme un gamin qui redécouvrait le film. le film est disponible en dvd z1 mais sans sous-titres cela sera difficile, argot concentré inside.

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