6 oct. 2013

La donna scimmia / Le mari de la femme à barbe (1964) Marco Ferreri


Napoli.
Antonio Focaccia (Ugo Tognazzi) rencontre dans les cuisines de l'hospice une jeune femme recueillie par l'Eglise, elle s'appelle Maria (Annie Girardot) et a le corps velu.
C'est le coup de foudre, Antonio voit là le moyen de s'enrichir et de se sortir de sa condition misérable. Petit à petit il réussit à convaincre Marie de faire le singe. Il l'exhibe d'abord dans son garage en faisant payer modestement les spectateurs, racontant qu'il l'a trouvée dans la jungle, à la manière des foires coloniales.
Maria est amoureuse, elle résiste devant cette manière qu'il a de la rabaisser mais elle finit toujours par accepter. Dans l'intimité c'est l'inverse qui se produit, c'est elle qui réussit progressivement à l'amener dans son lit, puis à l'épouser, lui faire un enfant...
L'enfant arrive alors que le couple est engagé dans les cabarets et fait le show à Paris.
Après la naissance, Maria perd sa pilosité...

Le film de Ferreri n'est pas si grossier qu'il en a l'air.
Si nous regardons ce couple, la domination d'Antonio n'est pas si évidente, Maria finit par le "dompter" et lui faire jouer le rôle du mari qu'il n'avait guère envie de tenir. Certes Antonio est un mufle, il ne prend pas de gants néanmoins Maria le fait changer et, après la perte de sa pilosité, le garde. Elle est enceinte d'un deuxième enfant et Antonio travaille. Ce dernier regrette sa vie de paillettes, ses voyages, quant à Maria, c'est la joie qui l'habite.
Le spectateur devra se demander si cette vie, ces deux enfants, ce repas pris sur le chantier, est une meilleure situation. 

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