31 oct. 2013

Last of the Comanches / Le sabre et la flèche (1953) André De Toth


TCM France diffuse en ce moment ce western et la copie est superbe, un beau Technicolor tout en pastels. Tavernier parle d'émerveillement, lié à l'enfance, devant des images magnifiquement coloriées de cavaliers filmés à contre-jour dans le désert, voir la préface du livre de De Toth, Fragments, publié aux éditons Actes Sud/Institut Lumière.
La copie diffusée permet de restituer cette splendeur visuelle, de nombreuses scènes sont filmées au crépuscule, entre chien et loup, nous gardons alors les yeux grands ouverts.
Cette beauté visuelle ne peut apparaître si le film est vu grâce à une copie dvd médiocre et encore moins si c'est un enregistrement télé standard. En revanche l'effet sera certainement décuplé devant un écran, en salle.
La couleur des tuniques de la cavalerie, les peintures faciales des indiens, l'ocre du sable, tout concourt à un enchantement. Vous me direz que la beauté ne peut être uniquement concentrée sur les couleurs et vous aurez raison mais c'est déjà ça et la qualité est suffisamment élevée pour la signaler.

Le film débute en pleine action, une patrouille de cavalerie se réfugie dans une ville, harcelée par les indiens de Black Cloud, ils devront la quitter, laissant derrière eux une ville en feu.
Seuls six hommes échappent au massacre, conduits par le sergent Trainor (Broderick Crawford). Ce dernier est un meneur un peu rustre, éructant des rafales d'ordre par paquet de cinq sur un ton monocorde qui donne envie de l'envoyer au diable. Au fond c'est un vrai nounours, le récit le révélera.
Il est drôle de voir Broderick, accompagné de Lloyd Bridges, dans la cavalerie, ces deux-là sont plutôt habitués aux rôles de truands et leurs trognes, leur air mauvais ne donnent pas du crédit à leurs personnages.
Ces hommes subiront les péripéties habituelles avec sauvetage ultime, ce n'est pas ce qui est le mieux réussi, les scènes d'action sont convenues et mornes, il est risible de voir des hommes plonger devant la caméra pour ajouter du mouvement. C'est davantage le thème de l'eau qui sauve le film, toute cette histoire de désert, de sécheresse, de puits sec, d'eau rationnée est bien rendue, De Toth prenant le temps d'exposer le thème.
La séquence où les hommes de Trainor doivent donner l'illusion d'avoir assez d'eau devant des indiens qui la veulent et qui font le siège devant des ruines est intéressante. Je pense notamment au soldat aux lèvres séchées qui doit jouer de l'harmonica, comme si la joie l'habitait, comme si le temps n'avait aucune importance.


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