21 oct. 2013

Le chat (1971) Pierre Granier-Deferre


L'avantage de la numérisation des copies est de pouvoir revoir des classiques dans des conditions optimales, ainsi ce Granier-Deferre qui confronte deux acteurs majeurs du cinéma français avec un grand texte de Simenon.

Je retenais de ce film l'élément le plus facile, le principe du duel, de l'amour vache, de la dépendance qui nous tient lorsqu'une relation s'établit dans la durée et le couple formé par Gabin/Signoret en rend toutes les nuances. Mais en revoyant ce film c'est plus l'image de la mort à l'oeuvre qui surgit. Certes les immeubles détruits, ce quartier de Courbevoie en voie de réhabilitation, cette maison au fond d'une impasse établissent un parallèle un peu voyant mais des phrases font mal, donnent à cet amour une butée, une borne indépassable. Nous ne sommes pas là dans un romantisme où l'amour transgresse l'espace et le temps.

"J'étais belle, tu t'souviens ?"
"Les années ont passé, maintenant je suis au bout du rouleau, j'ai rien compris."

Le beau chant funèbre de Philippe Sarde accompagne ce couple. La haine, comme l'amour, a besoin pour s'exercer d'un objet. L'autre, celui qui vous accompagne, est ici, pour Julien Bouin (Gabin), celui qui va disparaître et la mort met un terme à la haine ou à l'amour. Julien semble vouloir se préparer à cette issue inéluctable mais il sacrifie le temps qui lui reste, se met en retrait en anticipant. c'est ce drame que filme Garnier-Deferre avec une belle maîtrise, laissant des scènes se répéter pour mieux marquer le temps qui passe et qui broie tout.

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