18 oct. 2013

Mise à sac (1967) Alain Cavalier


Festival Lumière 2013, Lyon.

Alain Cavalier présente son film, issu des  collections de la Cinémathèque Française, en indiquant que voler une banque, en 1967, était une idée à la mode, du coup il ne se sent pas moralement irresponsable de faire ce film, étant, de plus, amoureux du film de Huston, Asphalt Jungle.
Alain Cavalier est malicieux, comme toujours, plein d'une ironie discrète mais diablement efficace.
Il indique à la salle que le film n'est pas situé à Lyon comme mentionné dans le récit mais tourné à Paris et comme il ne veut se fâcher avec les spectateurs lyonnais, il se doit de leur dire la vérité. Puis il évoque une femme, une lyonnaise, avec qui il s'est marié trop brièvement, elle n'est pas là mais la salue. Il s'agit de Irène Tunc, avec qui le réalisateur s'est marié, Irène Tunc est décédée suite à un accident de la route et il est très émouvant que Cavalier pense à elle et le dise avec cette douceur, cette profondeur et cette discrétion.
Elle joue avec charme et intelligence la standardiste, elle apparaît aussi dans La chamade.
Un salut à Pierre Lhomme dans la salle et la projection commence.

C'est une histoire de braquage, de braquage motivé par la vengeance. Il y a la description de l'opération, une ville dans l'Isère, Servage (nous sommes peu avant mai 68), les différents endroits braqués et puis le final, comme dans un vrai polar mais un polar écrit par Sautet et Cavalier, d'après un roman de Richard Stark.

La musique de Jean Prodromidès est expérimentale, des sons plus que des notes, de la musique électronique expérimentale mais qui fonctionne bien, qui donne au film un aspect étrange, aussi étrange que ce village isérois vide de ses habitants, déserté, où seuls les truands déambulent, vaquent à leurs affaires.
Michel Constantin est de la partie et le casse de la ville se fait dans une torpeur propre au songe. La réalité surgit avec toute la force de sa présence, comme dans un bon polar.
Mais la vie aussi, la petite vie, la petite vie de la standardiste (Irène Tunc) retenue par Maurice (Franco Interlenghi, vu chez Fellini ) qui en tombe amoureux, comment faire autrement ?
Il suffit d'un rien, d'un détail pour que ces petits bourgeois tranquilles se réveillent avec le vide. Seulement il y a le coeur, l'amour qui fait basculer la grande opération (c'est le commanditaire, l'instigateur).
Il y a de la grandeur, de la noblesse, on braque mais sans violence, lorsqu'un policier se fait assommer, l'un des braqueurs s'indigne : "Eh bien, beau travail, tu assommes les gens maintenant !!" De l'absurde aussi comme ce quidam qui appelle la police et se fait coffrer.
Un travail d'équipe, une équipe aimable qui n'a pas de chance mais qui reçoit notre affection.

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