29 oct. 2013

My Beautiful Laundrette (1985) Stephen Frears


On ne sait pas vraiment pourquoi ce projet capote : faire fructifier une laverie automatique et s'en servir comme tremplin pour réussir dans cette formidable Angleterre de l'ère Thatcher. En fait, nous le savons très bien puisque Frears nous l'indique clairement : comment réussir avec l'argent de la drogue ? Comment réussir en se trompant soi-même ? La famille pakistanaise que nous fréquentons est menée par l'Oncle Nasser, sa joie de vivre, sa chaleur est merveilleusement transmise par Saeed Jaffrey, cependant cet oncle (ce parrain) est déjà en fin de course, il ruine sa famille et se fait dépasser par Salim, son bras droit qui ne se contente pas de son petit business. Jeu dangereux que la réussite comme seul objectif. 
Nous concédons volontiers que le trait est épais mais l'énergie qui jaillit du film est contagieuse. Omar (Gordon Warnecke) qui apprend vite peut paraître candide et soucieux de bien faire, ce n'est qu'un jeune arriviste qui veut aller plus loin encore. 
La relation qui le lie à Johnny (Daniel Day-Lewis, acteur magique) n'est que l'explosion qui dépasse toutes les règles, sociales, sexuelles, ethniques. Je vois plus Omar comme l'incarnation d'une jeunesse qui est indomptable que comme la voie qu'il faut suivre. La bonne volonté, la sympathie du jeune home ne doivent pas cacher le goût plus prononcé encore de la recherche de la fortune, même si l'amour l'accompagne.
Hussein (Roshan Seth), son père est un intellectuel qui voudrait que son fils aille à l'université, son sacrifice, l'éducation qu'il a transmise sont stériles, les voies du libéralisme ont de ces airs qui séduisent la jeunesse.

Le film donne envie de lire le roman car l'on sent une richesse que le scénario restitue avec habileté.
Seuls les glouglous de la bande sonore me sont indigestes, le reste est adorable.

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