19 oct. 2013

Reunion / L'ami retrouvé (1989) Jerry Schatzberg


Festival Lumière 2013, Lyon.

En présence de Jerry  Schatzberg qui raconte sa collaboration avec Harold Pinter, la manière dont il redoutait de devoir lui demander de retravailler le scénario après la première mouture, la manière dont il acceptait volontiers les remarques, pas toutes mais beaucoup d'entre elles.
Pinter, de son vivant, a appelé Schatzberg à chaque fois qu'il voyait le film, ceci pour lui dire combien il l'aimait.

L'ami retrouvé est un roman célèbre de Fred Uhlman, l'ayant lu plusieurs fois, je dois dire que cette adaptation est extrêmement fidèle à l'oeuvre originale. Le final conserve la même émotion, la même force. 
En dehors du talent pour faire exister les personnages, pour inscrire le récit dans des décors, c'est la force du montage qui séduit. Schatzberg a décidé de donner aux images mentales de Strauss, une place de premier ordre. Les souvenirs de l'homme vieillissant qui se retrouve à Stuttgart, incarné merveilleusement par un acteur que l'on chérit sans peine, Jason Robards, ces souvenirs sont le sel qui rehausse l'ensemble et capte l'attention du spectateur qui devra recoller les morceaux, faire le lien.
La mémoire est double, il y a le travail de mémoire, cher à Primo Levi, la mémoire est soulignée par l'extrait de Henry V, de Laurence Olivier, mémoire parce que le fascisme est toujours présent, voir les anciens pro-nazis qui en sont pas morts et ceux qui rêvent de suivre leurs traces.
Et il y a celle de l'amitié, L'ami retrouvé est d'abord le récit d'une amitié improbable entre un petit bourgeois et un aristocrate, amitié qui se confrontera aux différents idéaux politiques, à la différence de classe sociale et à la guerre. 
Une phrase est prononcée par le jeune Konrad, dite à Henry : "You teach me to think !".

Le final est bouleversant et donne sa noblesse à ce quelque chose d'impalpable, de rare et précieux qu'est l'amitié.

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