5 oct. 2013

The Call of the Wild / L'appel de la forêt (1935) William Wellman


La séquence d'ouverture est superbe, dans une rue où la boue est de rigueur, une bagarre divertit l'assistance, un homme braille après son indigène qui tire le traîneau où il est installé, un ivrogne balance un marron au videur qui veut le sortir du bar : c'est la concentration de tous les cinglés qui sont en ville pour partir à la recherche de l'or ou bien pour dépenser celui qu'ils viennent de gagner. Une sorte d'asile renfermant des mâles virils se donnant tous les droits, celui de s'oublier avant de risquer sa vie dans les températures glaciales du Klondike.
Jack Thornton (Clark Gable), en cette soirée d'ivresse, vient de perdre tout son or et va partir en quête d'une autre mine, d'une autre espoir. Il y a tout ce que l'on aime chez Wellman, de la fougue, de la passion et un peu de délire.

La séquence de la traversée de la rivière par Thornton et son coéquipier Shorty (Jack Oakie) est, contrairement à ce que Blumenfeld annonce dans les suppléments, est de celles les plus ratées vues chez Wellman. Le danger est surjoué, tout est artificiel et grotesque. Une hérésie chez le cinéaste.
Heureusement elle n'est pas répétée, une autre scène se déroulant dans la rivière est celle qui voit les voleurs se noyer, bardés qu'ils sont de l'or qu'ils ont subtilisé. Cette fois la scène est vue de l'intérieur, sous l'eau, dans un silence étouffant les hommes tentent d'arracher les bourses qu'ils ont serrées auparavant, avant de périr, les seuls reflets qui accompagnent la dernière lueur de leurs regards sont ceux des couteaux qui tentent d'en trancher les cordons, en vain.
Cette scène résume la folie de l'or, la vénalité des hommes qui viennent en ces contrées et perdent leur bien le plus précieux.
La relation avec Claire Blake (Loretta Young) n'est intéressante que dans la mesure où, après être tombé amoureux, Thornton la perd. 
Le chercheur d'or doit s'habituer à perdre rapidement ce qu'il a conquis dans la difficulté, le film illustre parfaitement ce propos.
Dommage qu'une vingtaine de minutes manquent à l'appel.

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