20 oct. 2013

The Landlord / Le propriétaire (1970) Hal Ashby


Festival Lumière 2013, Lyon.

Produit par Norman Jewinson dont Hal Ashby montait les films, The Landlord fait le récit d'une émancipation, celle de Elgar Enders (Beau Bridges), jeune homme provenant d'une famille extravagante et fortunée new-yorkaise. Il décide de faire quelque chose de personnel, acheter un immeuble situé à Brooklyn pour y installer, après avoir expulsé tous les locataires, un gigantesque lustre. Le jeune homme est vaguement idiot, tare qu'il hérite de ses parents racistes et incultes.
Elgar va rencontrer les habitants de cet immeuble, tous afro-américains, ils vont d'abord l'utiliser, tenter de le dépouiller mais au final, le lien se crée, même si ce lien oscille sans cesse entre exploitation et amitié.

Black power, psychédélisme, rock'n'roll, soul power, libéralisme, conservatisme, esprit communautaire, capitalisme sauvage, indépendance et émancipation, carcan familial... les thèmes sont si nombreux, la réalité décrite si complexe que c'est bien là le cadre idéal pour jeter un personnage totalement ingénu dans un bain si bouillonnant (la vitalité de la bande-son est à la hauteur de la température qui y règne). 
Récit d'initiation, le film est immense dans sa façon d'embrasser la totalité d'un univers. Les personnages que l'on y croise sont énormes, il force Elgar à les prendre en considération, chacun d'eux, je ne les citerai pas tous, mérite qu'on leur porte attention et si cela n'est pas fait, ils vous forceront à le faire, même avec une hache.
Alors quelle leçon retenir ? Si ce n'est cette force et cette diversité et la nécessité vitale d'exister réellement pour tracer son chemin car le risque est grand de se faire vampiriser par un autre individu qui, lui, n'attend que cela.

L'humour et l'émotion dominent le film, les personnages sont intenses, le montage magistral, les couleurs riches et variées, c'est bien le plus large spectre possible qu'il faut étendre. Le spectateur, ébloui, admire l'exercice.

Mention spéciale à Lee Grant et Pearl Bailey qui offrent une performance exceptionnelle.
Pour un premier film Hal Ashby a frappé fort.

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