29 oct. 2013

The Long Voyage Home / Les hommes de la mer (1940) John Ford


C'est juste après avoir tourné Les raisins de la colère que Ford se lance dans The Long Voyage Home, une adaptation de plusieurs pièces d'Eugene O'Neill. Comme pour le premier, le second bénéficie de la présence de Gregg Toland à l'image, le chef-opérateur brille par l'usage du clair-obscur, de la profondeur de champ (la fuite de Smitty) et sublime le récit par un style très éloigné d'une transparence classique. La forme est visible et c'est un plaisir permanent.

Même si les américains sont, à l'époque, cantonnés à une neutralité parfois dérangeante, Ford tient à s'impliquer davantage, il ne cessera de le faire, lire pour cela la biographie remarquable de McBride. Ce film est une étape dans un long processus qui prendra véritablement corps dès Pearl Harbor.

Le récit suit l'équipage irlandais qui travaille à bord d'un navire de la marine marchande britannique. A quai aux Antilles, le navire doit transporter des explosifs jusqu'à Londres, alors en guerre. La crainte d'avoir un espion à bord, de se faire torpiller par un sous-marin, de subir une attaque aérienne accompagnera les hommes pris entre deux pulsions : rejoindre leur maison une fois la mission accomplie ou continuer à travailler sur les navires, subissant l'éloignement, le travail intense, les tempêtes...

La solitude de certains marins est compensée par l'esprit d'équipe qui règne à bord, chaque homme est seul, loin de chez lui mais au sein de l'équipage il retrouve une famille et les peines, les drames disparaissent momentanément devant les beuveries, les chants irlandais, les bagarres vivifiantes. Un film de John Ford, en somme.


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