30 nov. 2013

A Dog's Life / Une vie de chien (1918) Charlie Chaplin


Premier film pour la First National, A Dog's Life est une réussite totale.
Il y a une nette différence dans le soin apporté au cadre, dans le tempo, nous sentons que Chaplin avait le désir de prendre son temps et la possibilité de le faire. 

Charlot est le même, irrécupérable solitaire, rejeté par tous. Un parallèle est fait avec Scraps, un chien bâtard, abandonné, vivant dans la rue. La première partie du film nous les désigne comme identiques, ayant la même difficulté pour survivre et devant se battre pour le faire. C'est un monde hostile qui entoure les deux héros, voir la manière dont Charlot est évincé par d'autres exclus lors de la séquence de la demande d'emploi et la manière dont Scraps tente de gagner un peu de nourriture parmi d'autres molosses affamés.
C'est, évidemment, un traitement comique qui est mis au premier plan sans toutefois négliger une peinture sociale sordide.
Les deux compères, une fois unis, vont associer leur peine avec une chanteuse de bar (Edna Purviance), cette dernière est exploitée par son patron.
Les trois âmes vont fuir leur triste condition grâce au destin qui leur procure un peu d'argent, après avoir vaillamment lutté pour le préserver ils fondent une famille unie. Le happy end, inhabituel chez Chaplin sous cette forme, nous montre Charlot travaillant la terre, rentrant chez lui et, avec sa compagne, se penchant sur un berceau : Scraps et un chiot y reposent.

Mélange adroit de gags, les meilleurs sont la scène de l'embauche, celle où Charlot engloutit les préparations culinaires du snack ambulant et la récupération finale de l'argent dans le bar dancing, A Dog's Life témoigne d'une ambition plus vaste que les oeuvres précédentes, Chaplin veut se rapprocher de l'idée d'unité, d'un ensemble plus harmonieux, d'une véritable histoire. Il y parvient tout en préservant une puissance comique intacte.

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