2 nov. 2013

Angèle (1934) Marcel Pagnol


"Dans l'arrière-pays provençal, au lieu-dit Marcellin, au pied du pic de Garlaban, à dix kilomètres de la petite station thermale de Camoins-les-Bains, il (Marcel Pagnol) a acheté un terrain, une colline, une vieille ferme et installé son monde alentour, traçant une route, creusant un puits, rectifiant ici ou là le paysage à la dynamite."*
Et il a tourné Angèle.

Fort de ce succès, il construit ses studios et son oeuvre. Cet homme savait ce qu'il voulait.
Angèle est la première adaptation de Giono, un film sublime.
Le réalisme de cette histoire qui vise à l'universel touche les coeurs.

Angèle (Orane Demazis) est une jeune fille de la campagne, elle se laisse séduire par un voyou de la ville, Louis (Andrex), qui la fait quitter sa famille pour devenir une putain. Saturnin (Fernandel), le valet de ferme va tout faire pour la ramener, aidé par Amédée (Edouard Delmont), un ouvrier agricole qui veut qu'elle revienne à son ami Albin (Jean Servais et sa voix hypnotique), amoureux de la jeune fille.

 Fernandel est épatant, jouant sans continuellement sur le charme d'une simplicité amusante et d'une humanité profonde. Les personnages sont fondamentalement bons ou mauvais, jamais les deux, même s'ils ont leur moment, je pense au père colérique.
L'opposition ville/campagne est un thème traité ici grossièrement "Rien de bon ne vient de la ville"mais qu'importe, nous nous laissons porter par l'émotion véhiculée par les personnages mais plus encore par la mise en scène et le style imposés par Pagnol. Ce souci de réalisme devait être étonnant pour l'époque, la durée du film également. Nous avons là un univers restitué qui paraît pleinement authentique et dans lequel nous plongeons comme un enfant à qui l'on raconte une histoire.
Quels acteurs ! Quels moments ! La conversation entre Tonin (toujours heureux de voir Charles Blavette) et Saturnin et le quiproquo à propos de la situation d'Angèle, l'arrivée de Saturnin à Marseille ("Ah ! Vous êtes dans le commerce !"), la métaphore filée du fumier lorsque Saturnin s'adresse à Angèle...

* L'Age classique du cinéma français, Pierre Billard, Flammarion, 1995

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