6 nov. 2013

Habemus Papam (2011) Nanni Moretti


Sur un mode humoristique et légèrement grave Moretti donne un peu à Piccoli un rôle similaire à celui qu'il tenait dans le superbe Manoel de Oliveira : Je rentre à la maison.
Ce film évoquait la fatigue d'un homme qui voulait consacrer la fin de sa vie à son petit-fils, à la vie.
Le cardinal qui refuse d'être pape, qui rechigne tant à s'enfermer dans des responsabilités énormes plonge dans la vie, dans les rues de Rome et respire un air qu'il tenait depuis longtemps à goûter. La couleur psychanalytique du film n'est pas si importante, nous sommes, pour la plupart d'entre nous, enfermés dans un rôle fragile que nous sommes tentés d'abréger. Le film de Moretti nous parle de ces moments où nous ne prendrions pas la bretelle qui nous amène sur notre lieu de travail. Nous irions tout droit et serions surpris de nous retrouver le sourire aux lèvres, vitre baissée à éprouver un quelque chose qui ressemblerait à la liberté.
Les règles, le cérémonial du Vatican est ancestral, extrêmement codé, à vouloir pénétrer le secret, les arcanes du lieu, nous avons un sentiment de fascination, nous devenons aveugles, enfin, le spectateur pénètre avec les cardinaux dans l'antre et puis... Et puis quoi ? Rien, une panne de courant, le burlesque, le néant. Sortons prendre l'air, jouons. La fuite du cardinal permet l'évasion des autres sous la baguette du psychanalyste incarné par Moretti.
Nous jouons aussi, comme des acteurs, le rôle de notre vie et personne n'est indispensable, une fois parti, la pièce continue alors pourquoi ne pas la quitter et parcourir le monde, s'évader de l'aliénation du monde du travail, pape ou pas.
Rêvons un peu.

2 commentaires:

  1. Votre billet est convaincant: je vais regarder ce film de Moretti.

    RépondreSupprimer
  2. Et le Oliveira, si ce n'est déjà fait...

    RépondreSupprimer