1 nov. 2013

Hamnstad / Ville portuaire (1948) Ingmar Bergman


Bergman déclare que ce film est "entièrement réalisé dans l'esprit de Rossellini"*, cela explique les nombreuses scènes où le réalisateur s'attarde sur le monde du travail dans lequel évoluent ses personnages : les docks, les cales des navires, l'usine... Le néo-réalisme vient prêter un style à un homme qui cherche encore le sien, même si certaines audaces visuelles sont en contradiction avec le néo-réalisme, Bergman est Bergman, un cinéaste suédois qui garde un pied dans le studio.
Ce film mettant en scène les jeunes femmes de Göteborg, celles qui doivent rentrer dans le droit chemin, dont Berit (Nine-Christine Jönsson), pourraient faire l'objet de séances pour étudiants en psycho ou dans le social afin qu'ils puissent constater d'où proviennent les difficultés des êtres en proie à la souffrance, au manque de confiance en soi, à la peur de l'amour.
Berit a la chance de rencontrer Gösta (Bengt Eklund) qui voudra lui faire confiance et affronter la vie avec elle.
Les adultes représentent un carcan pour la jeunesse dépeinte ici, la pauvreté également, leur vie, du fait qu'ils soient ouvriers, est plus difficile, on leur pardonne moins. Il passe un courant de révolte, un pessimisme qui est souvent brocardé et qui se doit de disparaître sous la volonté de réagir, de lutter. 
C'est sous l'eau que le film commence, là où Berit veut se perdre, c'est au-dessus de la ville qu'il finit, Berit n'est plus seule et peut aller au-delà de ses démons.


* Les archives Ingmar Bergman, Taschen, 2008

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire