11 nov. 2013

L'ordre et la morale (2011) Mathieu Kassovitz


La prise d'otages sanglante d'avril 1988 en Nouvelle-Calédonie et les négociations suivies de l'assaut par l'armée et la gendarmerie forment le propos du film de Kassovitz.
La première réflexion qui me vient à l'esprit est qu'à voir les films insipides qui sortent semaine après semaine l'on ne peut que se satisfaire d'une exigence et d'une ambition qui méritent qu'on le signale.
Le film m'a complètement séduit sur le fond et sur la forme.
Sur le fond car comment éviter le point de vue qui n'épargne personne ? Pons, le ministre de l'Outre-Mer de l'époque, déclare que le film est pétri de désinformation, Michel Rocard pense l'inverse, pense qu'il y a là un traitement conforme à la réalité des faits.
Et que nous dit le film ? Que la violence a prévalu sur la négociation ? Qu'une tension s'est installée suite à la mort des gendarmes et que celle-ci interfère avec ces négociations ? Que certains penchent pour une issue négociée, que cette issue était sur le point de l'être et que d'autres veulent frapper fort, faire un exemple ? Tout est là, montré, et je ne vois pas vraiment de manichéisme outrancier.
Les kanaks sont montrés avec leurs traditions, leur culture et certains d'entre eux ont la gâchette facile, "tenir ses hommes" est un conseil régulièrement répété par le négociateur.
L'armée est montrée avec la sienne et le devoir d'obéissance est mis en avant, si un soldat ne désire pas obéir il n'a plus qu'à démissionner, cela est manifeste dans le film.
La tension entre la conscience individuelle et le devoir est patente.
Ensuite certains soldats veulent limiter les dégâts, d'autres tuent dans le dos, des rapports font état de meurtres commis après l'assaut. Ces deux options, passez-moi l'expression, sont visibles dans le film. La volonté d'embrasser les nuances est un point que l'on doit accorder au film. Les propos polémiques lus ici et là, sont les aboiements constants de ceux qui sont adeptes des chapelles et n'ont aucune consistance.
Quant à la forme j'ai aimé la manière dont la prise d'otages est racontée, les faits se déroulant devant les protagonistes qui en parlent, j'ai aimé la lisibilité du récit, autant pour le informations que pour les scènes d'action.

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