1 nov. 2013

The Desperate Hours / La maison des otages (1955) William Wyler


De nombreuses choses dépassent Glenn Griffin (Humphrey Bogart dans son dernier rôle de truand) lorsqu'il décide d'investir la demeure des Hilliard en s'échappant de prison.
Il ne voit là  que le schéma ennuyeux d'un modèle où l'homme se ferait servir par sa femme, un endroit lassant loin de la vie tumultueuse qu'il désire. Le film nous démontre qu'il n'en est rien, se révèlent, au fur et à mesure que l'action progresse, la douceur et l'amour qui relient les membres de cette famille : celui qui lie Dan (Frederic March) à son épouse, Ellie (Martha Scott), et l'amour qu'ils portent à leurs enfants.
Mais il faut un révélateur, un drame, pour que cette vérité surgisse, pour que l'affection et la nature profonde des individus émergent à la surface.
C'est après ce drame que l'abnégation et le courage de l'épouse éclatent, la force pour le père, la bravoure pour le fils, la fille. Le couple se renforce et les enfants ont grandi.
Cette vérité est invisible pour Griffin mais pas pour son jeune frère qui la voit et mesure la distance qui le sépare de ce monde, c'est une des beautés du scénario que de développer cette relation.

Wyler filme de main de maître ce huis-clos sans jamais appauvrir le cadre, la mise en scène fait évoluer les personnages de manière à ce que l'espace soit utilisé avec brio.

Bogart disait qu'il était trop vieux pour jouer les truands, je trouve, au contraire, qu'il donne à ce personnage les traits adéquats, un homme dépassé par ce qu'il voit, un homme qui n'est pas à sa place dans ce décor. Frederic March est excellent dans un rôle qui devait être tenu par Spencer Tracy. Arthur Kennedy, Gig Young, Ray Collins et Ray Teal sont de la partie, pour le dernier que j'aime beaucoup, un regret : il apparaît trop souvent de 3/4 arrière laissant aveugle son visage sympathique.

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