2 déc. 2013

Duel in the Sun / Duel au soleil (1946) King Vidor


Quel film !
Dès la séquence d'ouverture dans le Presidio avec l'ambiance sulfureuse qui y règne, la danse lascive de la mère de Pearl, les coups de feu, les jeux sous les arcades et le double meurtre, l'on sait que nous allons vivre des émotions énormes qui n'ont pas peur de s'exhiber, de s'étaler en plein écran.
 Tout est exagéré, chaque geste, chaque action donnent un souffle qui pétrifie le spectateur.
Deux choix se dressent devant lui : le rire ou l'admiration, les deux souvent se mêlent.

La beauté de Jennifer Jones (Pearl) est à l'image du film, sauvage, érotique, vulgaire, risible, émouvante, tout y passe, comme le dit le religieux joué par Walter Huston : "un corps créé par le diable pour affoler les hommes..."
Pearl et Lewt (Gregory Peck) incarnent un monde sauvage qui est en passe d'être domestiqué, leur folle union, pleine de bruit et de fureur, constitue les derniers soubresauts d'une vitalité qui refuse le joug de la modernité. L'amour fou qui les lie n'a de rival que la soif de liberté qui leur est intrinsèque. 
La séquence finale, grotesque et superbe, nous fait passer du rire aux larmes.

Passer à côté de ce film c'est refuser son aspect boursouflé, ce serait dommage car l'émotion qu'il contient est d'une puissance rarement vue au cinéma. J'ai vu le film en salle et j'avais eu le sentiment d'être passé sous les roues d'une voiture dont le chauffeur jouissait en refaisant sans cesse le mouvement qui me broyait le corps.

Et puis, dans un mode plus subtil, plus classique, il faut voir ce que fait Lilian Gish de son personnage, notamment la scène où elle meurt, c'est d'une délicatesse dont on ne revient pas.

Et je ne vous ai pas parlé de Joseph Cotten, de Lionel Barrymore, de Butterfly McQueen...

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