31 déc. 2013

Eva / Sensualité (1948) Gustaf Molander


Comment avancer dans la vie alors qu'au fond de soi un drame vient hanter constamment la conscience ? C'est l'histoire de ce récit mis en scène par Gustaf Molander d'après un scénario de Ingmar Bergman.
Bo (Birger Malmsten) revient de son service militaire, il est heureux de rentrer chez lui mais la peur et l'angoisse l'étreignent, il se rappelle un drame vécu durant son enfance, la mort de la petite Martha dans un accident dont il est responsable.
Le film va développer plusieurs moments de la vie de Bo et le confronter à ses démons, la mort est partout : elle est présente à cause de la guerre, c'est le marin nazi décédé dont le corps arrive sur le rivage, c'est le grand-père malade qui arrive au terme de sa vie ou la mort de son ami rêvée comme dans une séquence de film noir, "la proximité de la mort".
Bo n'arrive pas à surmonter cette présence, à l'inverse de Susanne (Eva Dahlbeck, superbe) qui sait que personne n'attache d'importance à son âme, qu'importe, elle se reprend, crie et tend les bras vers la vie, tout est oublié.
Il faudra à Bo une naissance pour qu'il cesse de penser à la mort même si les paroles de son ami Johaness l'avertissent que ces derniers sont voués à le quitter un jour.

Absence de Dieu, drames de la vie, peur de la mort, le tout dans un univers qui ressemble au paradis, Molander filme ses personnages dans une nature idéale, nombre de scènes sont tournées en extérieurs, nature qui ne sauve pas l'individu s'il n'a pas d'espoir. La naissance représente un happy end qui vient mettre un terme aux souffrances, peut-être reproduites par d'autres, comme un cycle qui ne finit pas, comme les vagues.

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