22 déc. 2013

Heaven Can Wait / Le ciel peut attendre (1943) Ernst Lubitsch


Un vieil homme au charme distingué descend les marches de l'Enfer, c'est Henry Van Cleve (Don Ameche). Satan lui-même (l'excellent Laird Cregar à la filmographie trop courte) le reçoit. Il n'a pas encore statué sur son sort et doit l'entendre davantage, voici sa vie, celle d'un homme qui aimait les femmes, la plus belle étant Martha (Gene Tierney).

Remarquable fantaisie entre le conte et la comédie, ce film est d'un raffinement tout lubitschien. Il y a là une douceur, magnifiée par le Technicolor, qui se glisse en retenue. L'amour que Van Cleve voue aux autres femmes n'est en rien vulgaire, il se joue hors-champ, il n'est pas source de scandales, de drames. Même la beauté de Gene Tierney est discrète dans la mesure où elle pourrait apparaître à l'écran plus longtemps encore mais non, Lubitsch dose ses effets, voir la scène de l'anniversaire, celle de la première rencontre dans la demeure familiale. La beauté et le choc de son apparition se lit sur le visage de Don Ameche mais Lubitsch ne nous montre Tierney qu'avec modération, le désir étant plus fort lorsque la frustration le domine.
Tierney est délicieuse si ce n'est l'étrange coiffure aux cornes qu'elle arbore lorsque son personnage a vieilli.
Charles Coburn est admirablement servi par des répliques amusantes, son personnage de grand-père est attachant. Quant à Eugene Pallette, il est inoubliable en Charles Foster Kane du boeuf en conserve.

Sorti durant la guerre, le générique de fin invite le spectateur à acheter des War Bonds, cette sucrerie devait éloigner les esprits du conflit, ne serait-ce qu'un instant mais avec une sérénité précieuse. Il y a beaucoup d'amour dans ces images, beaucoup d'humanité.

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