30 nov. 2013

I'll Never Forget What's'isname / Qu'arrivera-t-il après ? (1967) Michael Winner


C'est une comédie grinçante qui nous est présentée par Michael Winner.
Le ténébreux Oliver Reed joue un réalisateur de films publicitaires, Andrew Quint, qui en a assez de la célébrité et de ses artifices. Il veut la vérité.
La première scène donne le ton, Andrew se promène dans les rues de Londres avec une hache à l'épaule, entre dans un immeuble de bureaux et massacre le sien. Son patron, joué par Orson Welles, sait qu'il reviendra, il ne croit pas en ses colères et ne cessera de vouloir le retenir.

Dénonciations amusantes, parfois assez nihiliste, d'une société de consommation, de progrès, de cynisme, le propos est totalement contestataire et prend racine dans l'air du temps qui verra naître les différents mouvements plus ou moins révolutionnaires dans différents pays européens. Pour construire quoi ? C'est une autre histoire.
Winner s'amuse à mettre de la beauté partout, de nombreuses actrices, jeunes et jolies, traversent le film, Carol White, Wendy Craig, Marianne Faithfull, de belles voitures, des piscines, de jeunes gens sortis de Cambridge cependant ce que nous retenons sont les traumatismes, la violence, le vide de vies insatisfaites. Derrière les belles images de la publicité se dressent des pulsions de mort, des détritus, voir le film que tourne Quint et qui rencontre tout de même le succès.
Winner et son scénariste, Peter Draper, installent déjà, au coeur de la contestation, l'impossible renaissance, chantée par un Orson Welles, figure du démiurge qui brise les élans juvéniles à coups d'omniscience et de lucidité impitoyable.

Le Swinging London, toutes couleurs et jambes dénudées, est un monstre qui dévore ses enfants, pris dans un tourbillon faussement féerique. La forme du film, son rythme, ses couleurs singent cette séduction et offrent au milieu de ces voiles pastels, brillants ou vifs quelques substances organiques nauséabondes.

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