9 déc. 2013

Shampoo (1975) Hal Ashby


George (Warren Beatty) est un coiffeur réputé, que l'on recherche car il est bon dans ce qu'il fait mais il ne s'occupe pas seulement des cheveux de ces dames, il s'occupe aussi de ce qu'il y a dessous, bien en dessous. Il s'occupe de Felicia (Lee Grant qui joue délicieusement une nymphomane, comme dans The Landlord), épouse de Lester (Jack Warden, excellent dans le rôle) qui doit financer le futur salon de George. Lester qui a pour maîtresse Jackie (Julie Christie, God Damned !!), qui convole encore beaucoup avec George dont la régulière est, pour le moment, l'innocente Jill (Goldie Hawn qui sait merveilleusement faire une bouille de peluche érotique). Vous suivez ?
Tout ce beau monde court et baise à tout va. Des itinéraires qui se croisent, des télescopages, c'est vraiment drôle et tandis que les couples se font, tandis que ces dames rivalisent entre elles (la séquence de la réception de Lester pour le sénateur est immense, il faut voir Julie Christie entreprendre une fellation sous la table d'un sénateur "Most of all, I'd like to suck his c...") la jeunesse des seventies va encore plus loin.
La politique est raillée, exclue d'un monde où les passions du coeur sont les seules données immédiates de la conscience. Le film se déroule lors de la journée des élections présidentielles mais cela n'a aucune importance.
Le rythme est trépidant, c'est George qui l'impose, l'on se demande comment il survit, passant d'une femme l'autre, mangeant un bout à l'occasion, chevauchant sa Triumph pour faire une coupe puis s'occuper plus activement de la cliente. Les Beach Boys, les Beatles, Hendrix... époque bénie mais pas tant que cela...
Derrière toutes l'insouciance de ces jambes en l'air se forge une solitude, un vide existentiel élégamment rendu par la douce mélodie de Paul Simon, on court partout mais sans aller nulle part. L'amertume, la vacuité se nichent dans les interstices.
Los Angeles accueille toutes ces histoires, les succès et les drames.
Encore un film magnifique de Hal Ashby.

2 commentaires:

  1. Hal Ashby était un vrai cinéaste cintré bourré de talent (et de quelques substances psychotropes). Un côté punk aussi.

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  2. Et je sais qu'il me reste quelques films à découvrir !

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