15 déc. 2013

The Return of Frank James / Le retour de Frank James (1940) Fritz Lang


Premier western de Fritz Lang pour une commande, le cinéaste allemand se glisse dans la tradition américaine avec une maestria stupéfiante. Cette histoire de vengeance qui peut aboutir à un déchaînement des passions se transforme, au fur et à mesure que le récit progresse, en un chant des valeurs américaines que sont la justice, l'égalité, la famille, en somme la lutte du faible contre le puissant, la lutte du bien contre le mal. Ajoutons encore le statut des noirs qui, à travers Pinky, trouve une dignité appuyée et celui de la femme qui s'émancipe en dépit des freins familiaux.

La vengeance doit être laissée entre les mains de la justice aussi ce n'est qu'en dernier recours, lorsque cette justice est défaillante, corrompue, que Frank James (Henry Fonda the great) décide de poursuivre les frères Ford, assassins de son frère. D'ailleurs le destin est de son côté car il n'aura pas besoin de tuer pour atteindre son objectif.
C'est un sujet qui aurait eu fière allure sous la direction de John Ford, on y retrouve cette variété de tons, ces chevauchées à travers les espaces subtilement utilisés, l'importance donnée aux morts (on se rend auprès des tombes, on parle aux morts, ils sont présents)... Le talent et le génie de Lang est de se glisser dans les pas du classicisme hollywoodien avec une aisance remarquable tout en laissant apparaître une malice qui lui est propre.

Technicolor superbe qui rend hommage à la beauté étrange de Gene Tierney et aux espaces californiens, l'on ne s'ennuie pas une seconde et l'on s'amuse beaucoup à suivre le procès, moment crucial du film. Le numéro de Henry Hull est jouissif, l'on rit également à voir Donald Meek plonger sous la table.
Les grands espaces sont sublimés mais lorsque l'action se resserre autour d'un lieu plus petit, je pense à la grange de la scène finale, Lang excelle à le rendre impénétrable, obscur, labyrinthique. 
Jackie Cooper est au générique, il joue les jeunes héros purs et naïfs, John Carradine a le rôle du bad guy, ce qu'il sait faire admirablement bien.

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