30 déc. 2013

The Wolf of Wall Street / Le loup de Wall Street (2013) Martin Scorsese


Il est toujours agréable de se rendre en salle pour voir un film de Scorsese. Son petit dernier, petit est un terme affectueux car le film dure trois heures, est l'adaptation de l'autobiographie de Jordan Belfort (joué par DiCaprio), un courtier qui s'est enrichi très vite à coups d'escroqueries pour sombrer dans la drogue et la prison. 
Grandeur et décadence ? Aucune grandeur, Scorsese peint un homme cupide qui méprise les autres, sa seule vertu cardinale : l'argent.

Le film nous emmène dans un tourbillon de vulgarité, sexe, drogue, orgie, alcool, tout y (tré)passe. Belfort n'a aucune limite, il ne s'arrête que lorsque son corps est immobile et encore, voir la scène où il prend des quaaludes et découvre de nouveaux niveaux de conscience.
Belfort n'a pas de remords, de regrets, il n'y a pas de rédemption, pas de faute à expier comme Charlie dans Mean Streets ou d'autres personnages. Nous sommes davantage du côté de Johnny Boy qu'interprétait De Niro, un homme qui brûle de l'intérieur. C'est ce qui rend le film moins fascinant, l'absence de distance, mais ce qui le rend aussi fascinant car il montre une génération sans limite, sans Surmoi.

Du coup c'est un peu épuisé que nous ressortons de ces trois heures où il n'y a guère de temps mort. Sevré de bêtise, de bruits, de vide. Comme Tony Montana, il se peut qu'une certaine jeunesse sans distance critique fasse de Jordan Belfort un héros, ne retenant que le clinquant, la fête, les bulles. 
La primeur du bagout sur l'esprit, en cela ce film épouse totalement  son temps.


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