11 janv. 2014

Anna Boleyn (1920) Ernst Lubitsch


Henry VIII d'Angleterre (Emil Jannings) désire absolument avoir un héritier, le film retrace les conquêtes et mariages successifs qu'il fait à la recherche de ce Graal. Plusieurs épouses dont Anna Boleyn (Henny Porten) en font les frais.

Lubitsch donne dans les décors luxueux, aussi à l'aise dans les scènes intimistes que dans celles où des centaines de figurants parsèment l'écran, scènes de chasse, de joutes chevaleresques, le film est grandiose et les fastes de la royauté sont assez bien dépeintes.

Le personnage principal est davantage Henry VIII, campé avec brio par Jannings qui s'en donne à coeur joie, c'est une sorte d'ours rabelaisien sans âme, sans délicatesse, se reproduire n'est que son seul désir. Son objectif ajouté aux intrigues amoureuses qui se trament dans et hors du château donnent au film des allures de jeu d'échec où les pièces sont en proie à une libido incontrôlée. 
Le rire, la satire ne sont jamais bien loin, seules les scènes finales, d'un hiératisme singulier, témoignent d'un danger fatal pour qui ose s'aventurer sur le territoire d'un Roi qui n'a qu'une obsession en tête. Quelques êtres y perdent leur vie sans que nous puissions les pleurer car le récit ne nous permet guère de nous apitoyer sur ces personnages. La fréquentation du pouvoir a son revers.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire