5 janv. 2014

Hôtel Monterey (1972) Chantal Akerman


Description d'un hôtel à New York, le Monterey (215 W. 94th Street, Manhattan).
Du lobby jusqu'au toit en passant par les couloirs, les chambres, l'ascenseur.
Akerman filme l'ensemble avec des plans fixes ou des mouvements assez lents, panoramiques ou travellings.
Aucun son, pas de générique. Durée : environ une heure.

Au premier abord on se laisse happer par les plans, nous voyons quelques personnes arpenter le lobby, le temps, les choses...
Des bribes de récits s'installent, des portes sont ouvertes sur des intérieurs, des effets personnels sur une console, à qui ? quelle histoire ?
Ou ce plan fixe sur une chambre, cut, même cadre mais le lit est déplacé, quelqu'un nous tourne le dos, cut, le lit est défait, nous apercevons brièvement quelqu'un pendant que la porte se referme. De quoi développer un récit par nos esprits en quête de lien narratif.
Quelques portraits des occupants, dont un homme en smoking.

Couloirs exigus dans lesquels la caméra s'aventure, fixe ou pas. Impression de claustrophobie, des portes s'ouvrent, s'entrouvrent, tout un monde se laisse deviner sans que l'on puisse y accéder. Un hôtel.

Après des plans sur l'ascenseur qui s'ouvre, se referme, la caméra avance vers les fenêtres et nous laisse respirer, la rue est là, des voitures puis le toit de l'hôtel et un panoramique à l'air libre. Nous avions oublié la ville et son animation persuadés que nous étions enfermés dans un univers captif.

Stanley Kubrick a certainement vu ce film car les points de comparaison avec Shining sont nombreux : ascenseur inquiétant, travellings dans les couloirs, espace labyrinthique, couleurs des peintures, l'homme en smoking et son regard caméra...

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