12 janv. 2014

La collectionneuse (1967) Eric Rohmer


Nous discutons, faisons part de nos convictions, notre morale et puis...
Ainsi Adrien (Patrick Bauchau) qui part en vacances vers Saint-Tropez dans l'espoir d'un rendez-vous qui pourrait lui permettre d'ouvrir sa propre galerie. En attendant il veut ne rien faire, ne plus penser. Ce qui est facile dans cette maison proche de la mer. Le soleil, la plage, les criques, rien de plus facile si ce n'était la présence de Haydée (Haydée Politoff), jolie plante qui bouleverse le programme.
Haydée et le hasard.

D'un côté l'homme et ses valeurs, ses plans, sa morale, de l'autre la Nature.
La Nature et la femme qui lui appartient. Adrien n'a guère le tempérament et la force nécessaires pour plier son être aux exigences de sa morale. Il est à l'opposé, ou tente de l'être, de Haydée qui suit ses instincts, qui se pose moins de questions, en apparence, qui compose avec la réalité.
Une fois le désir accepté, après des détours alambiqués, le hasard surgit et permet à Adrien de se mentir, de croire qu'il peut encore suivre ses plans alors que tout lui montre qu'il lutte contre sa nature. 
Tentative absurde de se donner un genre, de se forger une personnalité, refus de saisir les plaisirs qui se donnent à lui, Adrien est un beau modèle qui permet de mesurer la difficulté d'arriver à un idéal (le sien, celui que l'on se donne, que l'on voudrait être) ou encore de témoigner de la perte, du scandale des occasions gâchées.

Ces personnages évoluent dans un soleil resplendissant, de l'aube au crépuscule, au sein d'une nature qui ne peut qu'appeler aux plaisirs contre lesquels, pour de mauvaises raisons ou pour une mauvaise connaissance de soi, quelques-uns d'entre eux luttent et font naufrage, tout près de la beauté. 

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