28 janv. 2014

Routine Pleasures (1986) Jean-Pierre Gorin


Manny Farber est celui qui amène Gorin dans cet hangar de Del Mar, près de San Diego, un hangar où quelques retraités ont crée une plate-forme immense qui leur permet de faire rouler leurs trains miniatures dans des paysages conçus à cet effet.
Gorin, influencé par le travail de Farber, y trouve un peu de l'idéologie de ce dernier : en premier lieu une absence d'emphase, une retenue, une humilité. Alors même que le travail effectué est important, il n'y a aucune prétention, aucun signe qui témoigne d'une fierté quelconque. Gorin nous démontre le souci du détail, la volonté de tout créer soi-même avec fidélité. Chaque détail fait l'objet de recherches, de savoirs qui ont de quoi impressionner mais le propos tenus restent simples, les membres du club ne se mettant pas en avant. Ainsi, dans ce hangar, trouve-t-on une réplique de ce qui pourrait être une Amérique éternelle, celle rêvée et véhiculée par les films de Ford, une Americana idéale.
Ainsi un sujet banal, les trains miniatures, "a corny subject", hisse le propos à des hauteurs insoupçonnées au départ. L'obsession de ces hommes, le groupe qu'il forme, à la manière des pionniers ne pensant qu'au but, sont des vecteurs directs vers une forme supérieure, la miniature, le sujet un peu ringard transcendé par une vérité que le film dévoile.
Farber, charpentier, critique de cinéma, peintre, a tout en commun avec ces simples mortels en chemises à carreaux que Gorin parvient à rendre dans leur profondeur.

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