8 janv. 2014

Track of the Cat (1954) William A. Wellman


Wellman a souvent filmé des groupes d'hommes au coeur d'événements difficiles, dans un contexte géographique dangereux, dans un milieu hostile.
Cette fois le récit se situe au coeur d'une famille de fermiers, les Bridges, en plein hiver, ferme située au sein d'une vallée.
Deux conflits se déroulent en même temps, un conflit externe de par la présence d'une panthère qui attaque le troupeau et interne mais cette fois c'est la petite amie du cadet venue faire une visite qui dérange.
C'est une famille de pionniers, trois frères et une soeur, les deux parents et un indien. Ce microcosme est un noyau dur où les ressentiments sont nombreux. Particulièrement à cause de Curt (Robert Mitchum), l'aîné. C'est lui qui a contribué le plus à construire et installer durablement ce petit ranch, il est intraitable, dur, malmène Harold (Tab Hunter), le cadet et provoque Gwen (Diana Lynn), la petite amie de ce dernier. Leader natuerl, par sa position et sa force, il en abuse et fait de la chasse de cette panthère une affaire personnelle. Il part la traquer avec Arthur (William Hopper), le puîné.
Arthur est plus raisonnable, il tente de lui faire comprendre qu'il faut laisser à Harold la possibilité de s'installer, de vivre sa vie, pour cela l'argent gagné et économisé par la famille doit le lui permettre, mais c'est Curt qui a l'autorité pour le faire...

C'est un excellent western signé par un maître, William Wellman. 
Plusieurs thèmes sont imbriqués dans un remarquable scénario.
La nature, puissante, sauvage, comme dans de nombreux Wellman, tient un rôle primordial, elle confronte les personnages et les place face à leurs responsabilités, les décisions qu'ils ont à prendre ne sont jamais sans conséquence dans ce milieu impitoyable. Plusieurs scènes sont révélatrices de ce postulat, qui rappellent Construire un feu de Jack London, que Wellman a adapté. Je pense à celle des allumettes, évidemment, mais pas seulement, la perte de la nourriture par exemple. Curt est adroit, intelligent mais sa vanité lui fait perdre le sens de la mesure et cela n'est pas sans conséquence. L'individu doit rester humble, en particulier dans à un milieu extrême.
La famille en est un autre, véritable assemblage de personnalités diverses où chaque partie se heurte à une autre. L'emprise de Curt, celle de la mère (remarquable Beulah Bondi qui forme avec Philip Tonge un couple inoubliable) écrasent les autres membres. La venue de Gwen est l'élément perturbateur qui vient accentuer les tensions pour mieux les résoudre. L'émancipation du cadet ne se fait pas sans douleur, c'est la mort des siens qui permet ce passage à l'âge adulte, comme un reflet de ces parois montagneuse qui se hissent parfois sur des gouffres de glace où l'on peut se perdre.

L'humour (les bouteilles de Pa), l'émotion (les consciences qui assument soudain leurs fautes), l'aventure, le drame, l'amour, Wellman est à l'aise et nous place au coeur d'une histoire qui mêle le destin de plusieurs individus. Pour le meilleur et pour le pire, les liens du sang ne sont pas de ceux que nous pouvons écarter facilement.

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