14 févr. 2014

L'immortelle (1963) Alain Robbe-Grillet


Un professeur (Jacques Doniol-Valcroze) , fraîchement nommé, se promène dans Istanbul désert. Il rencontre une femme superbe (Françoise Brion) qui l'obsède ; c'est le début d'une relation qui le vampirise. Puis cette femme disparaît, accident de voiture ? fuite ? a-t-elle jamais existé ?

Robbe-Grillet, pour son premier film, se joue de la continuité narrative et technique, cela tombe bien car le propos est de filmer un personnage dont l'existence est incertaine. Alors les remparts en ruine de Byzance, les grilles derrières lesquelles les jardins, les cimetières font ressentir leur mystère imposent une réalité que les personnages qui traversent ces lieux peinent à intégrer.
Sommes-nous dans les limbes ? dans le cerveau d'un homme profondément seul, perdu, qui rêve devant ce dessin où figure une tulipe ? Lorsqu'il se lève soudainement pour ouvrir la fenêtre afin d'observer le fleuve, c'est la puissance psychique de son cerveau qui coule, en un mouvement lent et majestueux.

Film contemplatif aux secrets savamment distillés, L'immortelle préfigure les songes de Lynch, les scènes d'errances d'Eyes Wide Shut, notez les regards qui se meuvent lentement et invitent le notre à arpenter l'espace...

Robbe-Grillet en parle comme d'un film raté où des erreurs ont été commises, ces erreurs sont d'une beauté remarquable.


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