30 mars 2014

Duffy / Duffy, le renard de Tanger (1968) Robert Parrish


J'adore Londres mais les personnages n'y restent pas longtemps, juste assez pour que le spectateur se rende compte que Charles Calvert (James Mason dans un rôle discret), un homme fortuné, méprise ses deux fils, Antony (John Alderton) et Stéfane (James Fox), qu'il considère comme des moins que rien. Ces deux derniers vont vouloir se venger en lui soutirant un million de livres à l'aide de la jolie Ségolène (Susannah York) et du ténébreux Duffy (James Coburn).
Départ illico pour le soleil corse puis celui de Tanger. Musique pop illimitée (parfois fatigante), couleurs vives, peaux halées, bikini ici, bikini là, le Technicolor sort toutes ses dents et l'intrigue n'est prétexte qu'à jeux érotico-policiers.
L'exotique a droit à l'image avec la séquence, franchement laide et vaporeuse, du Jardin d'Allah, bouge où l'on fume la chicha en regardant remuer une danseuse du ventre, l'incongru tient son rang lorsque nous pénétrons dans l'appartement de Duffy et sa collection d'oeuvres hideuses, le grotesque s'invite en la présence des masques et perruques portés lors du cambriolage.
Finalement le film oscille entre foire hippie et profusions d'images colorées et poupées russes où qui est pris qui croyait prendre tandis que le spectateur est parfois ébloui par cette lumière, fatigué par l'agitation vaine des personnages en quête d'affection, seul Duffy vient nous séduire par son indépendance, sa maîtrise des événements, sa propension à garder la tête froide, sa cool attitude...

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